« L’Espérance : désir ardent de voir Dieu »

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Depuis le 5e siècle, l’Eglise célèbre la fête de la Présentation de Jésus au Temple par ses parents Marie et Joseph. Cette fête est encore appelée « Purification de Marie » ou «Chandeleur ou fête de la lumière ». Elle est célébrée 40 jours après la naissance de Jésus et elle clôture les
solennités de la Manifestation de Dieu aux hommes en son Verbe fait chair. La genèse de la fête de la chandeleur est liée à une fête païenne ou à un rituel païen au 5e siècle. Les paysans, à l’approche de la saison des cultures, se promenaient dans les champs avec des flambeaux à la main pour purifier la terre afin qu’elle produise de bons fruits pour les hommes (c’est pourquoi en Europe en cette fête on mange des crêpes). Le pape saint Simplice (468-483) se saisit de cette fête et la remplaça par la Chandeleur pour montrer que Jésus-Christ est le maître de la
Création et la vraie Lumière venue dans le monde (il en était de même pour la fête de Noël qui remplaça la fête païenne du dieu Soleil).

Le texte évangélique tiré de saint Luc ne s’attarde pas sur la description de la cérémonie de la purification ou de la présentation de Jésus au Temple. Saint Luc oriente plutôt nos regards sur deux personnages (Syméon et Anne) qui incarnent l’âme de la foi chrétienne : l’Espérance.
Syméon et Anne étaient habités par la conviction que le Messie promis par Dieu au peuple d’Israël viendrait nécessairement car les promesses de Dieu sont indéniables. Dieu a promis d’envoyer un Messie qui délivrera son peuple des ténèbres, il sera la lumière du peuple d’Israël
et de toutes les nations de la terre. Déjà Isaïe l’avait annoncé en ces termes : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Isaïe 8). Ce Messie allait aussi consoler le peuple d’Israël,
une consolation promise par Dieu lui-même depuis le temps du prophète : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, et criez lui que sa servitude est finie,
que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la main de l’Eternel au double de tous ses péchés » (Isaïe 40). L’attente messianique était assez forte si bien que le vieillard Syméon et la femme prophète Anne ne quittaient plus du tout la demeure, le Temple de Dieu car suivant la prophétie, le Messie (Messager) de Dieu « soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (1ère lecture de ce dimanche Malachie 3). Cette attente messianique a modelé leur manière de vivre parmi les hommes : Syméon était un homme juste et religieux à l’exemple de saint Joseph qui a eu le privilège d’être père adoptif du Messie tant espéré ; Anne la femme prophète, malgré son âge avancé, servait nuit et jour le Seigneur dans le jeûne et la prière.

A travers Syméon et Anne, nous découvrons le sens et l’âme de la vie chrétienne. Notre vie chrétienne est fondée sur le désir de voir Dieu, d’habiter sa demeure, le paradis un jour : c’est l’espérance. Sans espérance, notre vie à la suite du Christ dans ce monde n’a pas de sens. Nos pères dans la foi à l’instar d’Abraham ont été habités par l’espérance en Dieu qui les conduisait ; le peuple d’Israël a traversé le désert et a atteint la terre promise grâce à l’espérance qui les
habitait. Cette espérance est d’actualité et beaucoup de saints, de martyrs l’ont manifesté à plusieurs moments durant ces 2000 ans d’histoire chrétienne. Entre les années 2000 et 2015, il a eu 3961 personnes assassinées à cause du Christ ; parmi elles, il y a des consacrés et des laïcs ; ils sont morts dans l’espérance chrétienne qui ne déçoit jamais.

L’espérance est la conviction intérieure qui anime le chrétien et qui l’aide à demeurer ferme dans la foi malgré l’attente apparemment longue de la réalisation des promesses de Dieu. L’espérance aide le chrétien a habité ce monde, à lutter pour la bonne cause de la justice et de la charité qui sont les lieux où habitent Dieu. Dieu est juste et il a pour manteau la justice (cf.Isaïe 61) ; et là où est la charité, Dieu est présent. L’espérance chrétienne est une lumière qui éclaire l’existence humaine afin que cette existence soit à l’image de la vie humaine de Jésus-Christ. En effet, Jésus a partagé notre condition humaine pour devenir un modèle d’homme pour les humains ses frères. Il a expérimenté la réalité fragile et douloureuse de notre condition humaine et désormais il intercède pour les hommes (cf. 2e lecture de ce dimanche Hébreux 2).
La vie de Jésus éclaire la vie de tout chrétien appelé à avancer avec certitude vers le Royaume des Cieux. Jésus était habité par la certitude que son Père est dans les Cieux et il l’exauce toujours. Toute sa vie était orientée vers son Père invisible aux yeux de chair ; l’espérance est en quelque sorte la lumière qui ouvre les yeux de la foi du chrétien pour voir Dieu dans l’invisible et écouter sa voix de Père qui appelle et qui rassure.

On raconte qu’un enfant était pris dans un incendie au 4e étage d’un immeuble ; tout le monde a pu évacuer l’immeuble sauf cet enfant de 4 ans qui est resté dans la fumée et le feu car ses parents étaient partis au service. Les sapeurs pompiers étaient arrivés un peu tard et ne pouvaient plus accéder à la chambre de l’enfant qui était à la fenêtre ne sachant quoi faire. Son papa est arrivé et voyant son enfant à la fenêtre, l’appelle très fort par son nom en lui demandant de sauter dans le vide, il va l’accueillir dans ses bras en bas. L’enfant ne voulait pas exécuter parce qu’il ne voyait pas son papa à cause de la fumée. Le papa lui dit : « Est-ce que tu reconnais cette voix qui te dit de sauter ? » Oui c’est la voix de mon papa ! » Et alors, saute » lui redit son papa. Et l’enfant sauta et il tomba dans les bras de son papa sain et sauf. Notre vie chrétienne est pareille à cette histoire : Dieu personne ne l’a jamais vu mais son Fils Jésus nous l’a montré par sa vie et il nous invite à l’imiter car il est la lumière qui éclaire notre route. Seule l’espérance nous aide à nous dessaisir de nous-mêmes, à quitter nos obscurités, nos
doutes, nos hésitations et à s’abandonner entre les mains de Dieu jusqu’au dernier jour de notre
vie sur cette terre.

Demandons la lumière de l’Esprit Saint afin que nous sachions reconnaitre le Christ dans nos vies, la voix de Dieu dans notre existence quotidienne. Que le Christ soit la véritable lumière
qui éclaire nos familles et toute notre existence chrétienne partout où nous serons. Amen !

Père Thierry Guefly

Evangile du jour

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