La foi qui sauve

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L’évangile de ce mardi nous relate deux guérisons opérées par Jésus pour sauver la vie : la guérison d’une maladie et la résurrection d’un mort. Tout le ministère de Jésus est un ministère de vie. Il le dira lui-même : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10).

La première guérison est sollicitée par un père de famille en faveur de sa fille de 12 ans qui finalement va mourir de sa maladie parce que, aux yeux des hommes, Jésus n’est pas venu au moment opportun pour la guérir. L’épisode de résurrection de Lazare n’est pas loin de ce cas. En effet, Marthe et Marie ont fait cette remarque à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne mourrait pas » (Jn 11).

La deuxième guérison est celle de d’une femme qui avait des pertes de sang depuis 12 ans (à noter aussi que la jeune fille malade avait elle aussi 12 ans). Depuis 12 ans, la vie humaine diminuait dans cette femme car le sang c’est la vie. Les guérisons ont été obtenues grâce à la foi : Jaïre est un hébreu et son nom signifie « il éclaire » ou « il réjouit » ; il est un notable en Israël parce qu’il est chef de synagogue. Cependant dans un élan de foi, il s’abaisse devant Jésus pour implorer son aide. La femme malade, pour toucher le bord du vêtement de Jésus, se serait sans doute abaissée pour le faire ; d’ailleurs, elle vint se jeter aux pieds de Jésus en avouant la vérité après sa guérison.

Nous découvrons une attitude fondamentale qui caractérise la vraie foi du chrétien : l’abaissement. Notre foi chrétienne nous dit que tout homme qui s’abaisse devant Dieu sera élevé par Celui-ci et tout ce que nous demanderons dans la foi dans une attitude d’abaissement, Dieu nous l’accorde toujours. Deux hommes étaient rentrés dans le Temple pour y prier. L’un s’était planté devant le Seigneur dans une attitude de suffisance ; l’autre s’était rabaisser et ne voulant pas regarder même la face de Dieu. C’est lui, ce dernier, qui a été exaucé (cf. Lc 18).

Notre foi nous assure aussi que le salut se trouve dans le toucher. A travers le mystère de l’incarnation, Dieu s’est fait visible en Jésus-Christ ; toute la personne de Jésus dégageait une puissance qui irradiait tous ceux qui le suivaient en ce moment. Pour créer l’homme, Dieu a pris de la terre et l’a façonné à son image et à sa ressemblance ; l’homme est sorti des mains de Dieu ; il est une touche de Dieu. Pour mettre son souffle en l’homme, Dieu l’a touché du bout du doigt suivant la sculpture de Michel-Ange. Pour ressusciter la fille de Jaïre, Jésus a saisi la main de l’enfant ; pour guérir la femme, Jésus s’est laissé toucher par elle. Ce mode opératoire du salut, Jésus l’a laissé comme héritage spirituel pour son Eglise à travers les sacrements. Par exemple, dans le baptême, Dieu nous touche par les éléments visibles (eau, saint chrême…) pour nous communiquer la vie éternelle ; dans le sacrement de l’ordre, Dieu nous touche par l’imposition des mains de l’évêque et par l’onction du saint chrême pour faire du prêtre un homme de Dieu. L’Eucharistie est la merveille par excellence que Jésus nous a laissée pour la vie du monde. En recevant, l’Eucharistie, Dieu se laisse toucher par nos mains, notre langue et bien plus il se laisse manger sous nos dents pour que sa vie passe dans notre âme. Il est grand le mystère de la foi chrétienne ! Avons-nous pleinement conscience de ce grand héritage spirituel que Jésus nous a laissé ! Avons-nous pleinement conscience que les sacrements de l’Eglise actualisent le mystère de l’incarnation où Jésus se rend visible et manifeste sa puissance de guérison et de salut du genre humain ? S’il en était ainsi, nous vivrons avec beaucoup plus de ferveur notre foi chrétienne : nous ne serons plus souvent en retard à la messe ; nous ne ferons plus de paresse pour la catéchèse ; nous n’allons pas remettre toujours sur demain le baptême de notre enfant ; nous allons chercher à régulariser notre situation matrimoniale en célébrant le mariage religieux ; nous nous déciderons à rompre cette union illégale, illégitime pour reprendre la sainte table, etc… et tout ceci dans une attitude de prière et d’abaissement devant Dieu. Certains chrétiens se retrouvent de nos jours éloignés des sacrements à cause de leur situation « irrégulière » ; ils ont peut-être honte ou sont complexés et ne veulent pas s’abaisser. Pourtant,
Jaïre un notable respectable et cette femme qui souffrait d’écoulement de sang n’ont pas eu honte de venir vers l’auteur du salut ; ils se sont abaissés.

Que la Parole de Dieu de ce jour nous aide tous à avoir le courage de venir vers Jésus tel que nous sommes, avec nos blessures, nos humiliations, nos maladies afin de le toucher ou de se laisser toucher par lui pour qu’il refasse toute chose nouvelle dans nos vies, nos familles, nos services, dans notre pays le Togo et dans le monde entier. Amen !

Père Thierri Guefli

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