L’endurcissement du cœur humain face à l’Évangile

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On imagine l’angoisse et la tristesse ressentie par Jésus en face de sa parenté et sa maison qui ont fermé leur cœur à l’annonce de la Bonne Nouvelle dans le passage évangélique de ce jour. C’est sûrement avec un sentiment de douleur que Jésus disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son propre pays, sa parenté et sa maison. » Et à cause de l’endurcissement du cœur, « là il ne pouvait accomplir aucun miracle. » Il faudrait éclairer davantage les choses. Dieu peut tout faire car il est le Tout-Puissant. Jésus pouvait accomplir des miracles mais à cause de l’endurcissement du cœur de ses parents, aucun miracle ne peut advenir puisqu’ils n’ont pas la foi.

Le miracle est souvent conditionné par la foi ; c’est ce que l’évangile d’hier soulignait à travers la résurrection de la fille de Jaïre et la guérison de la femme malade depuis 12 ans. L’évangile de ce jour nous montre le contexte assez difficile dans lequel la Bonne Nouvelle de Dieu a été annoncée au temps de Jésus. Ce contexte est souvent en opposition à l’esprit de la Bonne Nouvelle. Les hommes n’ont pas souvent réservé un bon accueil à l’évangile. Il y a comme une sorte de rejet. Déjà, on pouvait l’entrevoir dans la naissance du Fils de Dieu qui était obligé de naître dans une mangeoire parce qu’il n’y avait plus de place à l’auberge pour Marie qui était dans les douleurs de l’enfantement. Les hommes ont fermé leur cœur face aux souffrances d’une femme en travail ; Hérode a voulu supprimer le petit enfant qui était né comme roi des juifs. De la crèche au crucifiement, Jésus a fait face aux persécutions, aux contradictions, aux insultes, au dénigrement, bref, à la croix. Mais il ne s’est jamais découragé car il est sorti et il est venu dans ce monde pour le sauver : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).

L’endurcissement du cœur de la parenté de Jésus n’a pas de fondement si cela est tout simplement lié au fait que Jésus était né au milieu d’eux et qu’il l’ont vu grandir et ils connaissent bien sa réalité familiale ordinaire. Cet endurcissement du cœur est sans doute lié à la profondeur et à la pertinence des paroles qui sortaient de la bouche de Jésus, sa vie elle-même était un modèle qui reflète la lumière de l’amour, de la sagesse : l’Evangile. L’Evangile bousculait la conscience, déstabilisait les normes sociales et juridiques, suscitait un changement radical de vie chez les pécheurs et formait en l’homme des conduites assez nouvelles.

Tout cela est condensé dans l’évangile de saint Mathieu, les chapitres 5 à 7 : « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil dent pour dent ; eh bien moi je vous dis…; si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tend lui l’autre joue…. » L’évangile transforme la vie intérieure du chrétien et il devient sage comme Jésus. Beaucoup ont été transformés par l’évangile et ont suivi Jésus comme disciples, comme chrétiens. A travers notre baptême, nous devenons chrétiens et nous rentrons dans la parenté de Jésus ; nous devenons frères et sœurs de Jésus spirituellement parlant. Nous connaissons mieux Jésus plus que sa parenté biologique qui n’a pas eu la grâce de comprendre que Jésus est le Verbe de Dieu, la Sagesse de Dieu incarnée ; sa parenté n’a pas compris que Jésus va sauver le monde entier par sa mort et sa résurrection d’entre les morts le 3e jour ; ses parents n’ont pas compris que les paroles de leur fils et frère étaient la Bonne Nouvelle qui demeurera sur la terre jusqu’à la fin des temps pour sauver les âmes. Tout cela, nous les chrétiens, nous le savons et nous l’avons compris. Il n’y a pas d’excuse pour quand nous fermons notre cœur à la Bonne Nouvelle. Il n’y a pas d’excuse quand nous nous décourageons et quand nous cessons d’annoncer la Bonne Nouvelle à cause des difficultés que nous rencontrons dans notre vie liée à notre identité chrétienne. Le contexte dans lequel Jésus a annoncé la parole de Dieu n’est pas différent de notre contexte actuel où l’endurcissement du cœur reste encore une triste réalité dans nos familles, dans nos nations et sur le plan social et politique. L’endurcissement du cœur est lié à la nature humaine blessée par le péché et à la liberté humaine. Seule la Bonne Nouvelle a la puissance de toucher le cœur de l’homme et de le convertir. C’est pour cela que Jésus a continué d’enseigner jusqu’à sa mort sur la croix.

Que le Seigneur augmente en nous l’élan missionnaire afin que tous les chrétiens puissent continuer d’annoncer l’Evangile par le témoignage de vie en incarnant la Sagesse de Dieu. Amen !

Père Thierry Guefli

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