Baptisés et envoyés en mission

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L’évangile de ce jour rejoint merveilleusement le thème choisi par le pape à l’occasion du mois extraordinaire d’octobre passé, 2019 : « Baptisés et envoyés : L’Église en mission dans le monde ». Au temps de Jésus, il y avait plusieurs personnes qui le suivaient avec plusieurs motifs : certains suivaient Jésus parce qu’il faisait des miracles (guérir les malades, chasser les démons) ; d’autres parce que Jésus donnait à manger (multiplication des pains) si bien qu’ils avaient même voulu faire de lui un roi (cf. Jn 6, 15) ; d’autres aussi suivaient Jésus parce qu’ils ont vu en lui le Messie, le Fils de Dieu venu dans le monde pour manifester la miséricorde ; c’était le cas de la pécheresse pardonnée (cf. Jn 8 11). Toutes ces personnes sont appelées disciples du Christ ; elles sont différentes des apôtres.

Les apôtres sont appelés par Jésus lui même dans le lot des disciples. Le choix des douze a été fait à l’issu d’une longue nuit de prière de Jésus. Ce détail se trouve dans l’évangile de Luc : « Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Lc 6, 12). Donc le choix des apôtres n’est pas fait au hasard ; c’est un choix porté et discerné dans la prière ; le choix de Dieu est irrévocable et sans erreur. Les apôtres sont appelés pour suivre le Christ, pour se laisser former en vue d’une mission, sinon ce choix n’aurait pas de sens. Durant tout le temps passé avec Jésus, ils ont été formés à la foi, pour professer cette foi dans l’annonce de la Bonne Nouvelle aux habitants. Jésus avait sans doute vérifié la solidité, l’assurance de cette foi chez ses apôtres avant de les envoyer en mission. En effet, il leur avait posé la question sur son identité et saint Pierre, au nom des autres, a fait une belle profession de foi à Césarée-de-Philippe : « Tu es le Messie le Fils du Dieu vivant » (Jn 16, 16).

L’évangile de ce jour souligne les consignes assez exigeantes que Jésus donne à ses apôtres, dans le cadre de la mission : un dépouillement total ; ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton (le bâton du bon pasteur) ; pas même de pièces de monnaie dans leur ceinture (il faut compter uniquement que sur la providence divine) ; ni de tunique de rechange (ne pas accorder trop d’importance à la toilette du corps). C’est la radicalité de la vie missionnaire. Jésus n’a pas caché l’exigence de la vie chrétienne, la vie missionnaire à quiconque voudrait le suivre : si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et me suive ; qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du royaume ; personne ne peut servir deux maîtres à la fois ; tous ces passages évangéliques montrent à quel point être chrétien n’est pas seulement de l’ordre de la grâce mais aussi un choix et une décision éthique. A travers ce passage évangélique, nous découvrons les fondements de la mission qui exigent un dépouillement total et une confiance absolue en la puissance de la Bonne Nouvelle qui touche les cœurs, guérit les malades et délivre du démon. Ce passage évangélique nous interpelle aussi sur la nécessité d’une solide formation catéchétique pour avoir l’âme missionnaire.

Bien souvent, la catéchèse s’est résumée à apprendre les formules de la doctrine chrétienne mais la formation missionnaire a peut-être manqué si bien que beaucoup de chrétiens ne savent pas leurs tâches, leurs rôles dans le monde. Il y a des chrétiens qui ne savent pas que le baptême les engage dans la vie de l’Église, dans la société où ils sont appelés à lutter contre toute aliénation du mal, du démon, de l’esprit du mensonge ; à lutter contre toute injustice, toute situation de pauvreté, bref à être sel de la terre et lumière du monde. De nos jours, avec le pape François et son prédécesseur saint Jean Paul II, la nouvelle évangélisation est une grande chance pour l’Église et les chrétiens afin de rendre plus actuel et vivant l’évangile et d’aller aussi vers les périphéries souvent oubliées ou exclues du champ pastoral. Nous sommes tous interpelés par ce passage évangélique, tous en tant qu’évêque, curé, vicaire, diacre, catéchiste, agents pastoraux, baptisés à nous investir davantage dans la formation catéchétique pour nous former et former de solides et d’authentiques missionnaires pour la cause de la nouvelle évangélisation.

Que l’Esprit Saint nous éclaire. Amen !

Père Thierry Guefli

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