Les événements se précipitent ! Avec la trahison de Judas, l’un des Douze, la Passion est commencée : Jésus est déjà blessé dans le fond de son cœur, et son arrestation n’est plus qu’une question d’heures. Je voudrais nous inviter à méditer sur la trahison de Jésus et les expériences douloureuses que nous faisons dans notre relation avec les autres.

Pensant à Judas Iscariote, nous ne pouvons pas nous empêcher de le nommer, le misérable, la racaille, le fourbe, le traite… A la place de Jésus, chacun de nous aurait souhaité écraser Judas à cause de ce qu’il a fait : il vendu notre Sauveur, notre meilleur Ami, notre Maître. L’intéressé, Jésus lui-même, le Serviteur de Dieu à abandonné sa cause à Dieu. Il n’a manifesté aucune haine, ni vengeance à l’endroit de celui qui l’a trahi. Autrement dit, il n’a pas ouvert la bouche. Quant à Pierre qui voulu se venger à sa place, il dit : « Rentre ton épée… Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait à ma disposition plus de douze légions d’anges. Mais alors comment s’accompliraient les Ecritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »  (Mt 25, 51-56). Jésus accepte ainsi en toute liberté le plan de son Père.

Comme Jésus, il nous est tous arrivé, d’une manière ou d’une autre d’être trahi et d’être blessé. La trahison est une des expériences les plus douloureuses que nous puissions vivre. La douleur est encore plus profonde lorsque celui qui nous a trahi est un ami en qui nous avons mis toute notre confiance. Judas Iscariote n’est pas un inconnu pour Jésus. C’est son disciple, son ami que lui-même a choisi. Mais à présent, le voilà seul sur la route où nul n’est capable maintenant de le suivre. Tous, ils l’ont abandonné ! Jésus n’a que Dieu seul en qui il a mis toute sa confiance quoi qu’il arrive, parce que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment (Rm8, 28). Jésus est seul, abandonné mais il est certain que c’est Dieu seul qui fait surgir du bien de tout mal, de toute difficulté et de toute épreuve ; que Dieu oppose à toute haine un amour plus fort encore, dans toute persécution, il donne la grâce de pardonner et de toute mort il fait surgir la vie, la Résurrection.

Jésus de par son exemple, nous montre que l’attitude à adopter lorsqu’on est trahi n’est pas celle de la vengeance, mais de la confiance totale en Dieu qui, seul est capable de changer la situation. Unissons donc nos expériences de trahison et de blessures intérieurs à celle de Jésus agonisant, sans aucun sentiment de haine, de colère, d’amertume ou de vengeance, et laissons Dieu agir. Il peut en faire sortir quelque chose d’encore plus impressionnant.

Père Martin Davakan, O.S.A, Supérieur de l’Ordre de Saint Augustin au Togo, couvent Sainte Rita Lomé.

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