Dieu partage notre souffrance

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La première lecture nous présente le troisième chant du Serviteur souffrant dans le livre du prophète Isaïe. Le Serviteur y apparait comme l’homme de douleurs, bafoué, outragé et frappé. Il s’agit de l’annonce saisissante de la flagellation et des outrages endurés par notre Seigneur Jésus. Ce Serviteur a accepté librement la souffrance comme une école où il est instruit afin qu’à son tour il sache réconforter celui qui n’en peut plus. C’est pourquoi Dieu ne l’abandonne pas à son sort. Le Seigneur Dieu vient à son secours

La question de la souffrance, si scandaleuse soit -elle, est désormais portée par Dieu même, qui l’a expérimentée en son fils ; souffrance physique du supplice, souffrance morale devant l’abandon des siens. Ce Serviteur souffrant, qui, dans le livre du prophète Isaïe, représente le peuple d’Israël, mais qui de loin nous annonce la souffrance du Christ, c’est chacun d’entre nous. Désormais Dieu est de notre côté face à la souffrance. Sa solidarité avec nous dans la détresse nous aide à donner un sens à notre souffrance.

Lorsque nous sommes touchés par la souffrance, la question du pourquoi pointe alors inévitablement le bout de notre nez. Pourquoi suis-je atteint du cancer ? Pourquoi le Coronavirus ? Pourquoi suis-je si pauvre alors qu’il y a certains qui ont des fortunes qui se reposent dans les banques ? Ou encore, où est Dieu dans toute cette souffrance ?

Dieu ? Il est là ! Il ne prend pas plaisir à la souffrance de l’homme. Il ne reste pas indifférent à notre souffrance. Il vient à notre secouru. Il s’engage dans la souffrance. Jésus victime de la trahison, a accepté librement d’être livré pour nous, car il sait qu’il ne sera pas confondu. Il sait que sa souffrance a un sens ; je crois que la nôtre aussi.

Dieu qui s’appelle « Je suis », sera toujours là pour nous. Il reste fidèle à sa promesse. Car il parle et agit selon sa parole. Il pense ce qu’il dit, dit ce qu’il pense et fait ce qu’il dit. La souffrance n’a pas le dernier mot. La souffrance n’est pas la fin, mais il y a un chemin à travers la souffrance. Au sein même de la souffrance, nous pouvons tracer un chemin de lumière. Mais ce n’est pas évident ! Il nous revient d’être là, les uns pour les autres au moment de la souffrance ; de réconforter ceux qui n’en peuvent plus.  

Soyons forts et courageux ! Soyons confiants dans le Seigneur, car c’est cette confiance qui a permis au Serviteur souffrant d’espérer contre toute espérance, de persévérer malgré la souffrance. Confiance, Dieu est là avec toi.

Père Martin Davakan, O.S.A, Supérieur de l’Ordre de Saint Augustin au Togo, couvent Sainte Rita Lomé.

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