La vie chrétienne s’ouvre autrement à partir du mystère de la croix…

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L’après Pâques consiste à approfondir les mystères de l’incarnation et du salut. Pour nous en Eglise, notre Mère éducatrice, nous donne dans sa pédagogie, une figure importante du judaïsme, Nicodème, afin de nous montrer en quoi consiste la vie chrétienne. Elle naît de  « l’écoute » de la Parole de Dieu, de son accueil, de l’entrée dans les eaux du baptême appelées « porte de la foi » qui ouvre sur une autre ère de vie.

Une conception dans la discrétion

Nicodème était l’un des témoins oculaires des « signes » accomplis par Jésus dans le temple. Il vint nuitamment au Saint Maître pour une discussion spirituelle afin de pouvoir mieux le comprendre et mieux croire en lui, c’est-à-dire, de cet entretien spirituel, Nicodème comprendrait mieux notamment la « personne spirituelle, énigmatique de Jésus », sa prédication et ses enjeux afin de pouvoir faire son passage de « l’ Ancien » au « Nouveau ». Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit ». Ce symbole du vent montre clairement que la vie chrétienne, n’est pas formulée, n’est pas saisie au début. Il est comme une relation d’amour qui naturellement est un saut, une marche mais sûrement vers le ‘’bonheur’’ puisque c’est le but de l’existence humaine et qui s’éclaire progressivement à mesure que l’on avance. On comprend Jésus répondre, suite à la non saisie de ses propos par le sage Nicodème ainsi: «nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? ». Qu’il nous soit couteux de méditer la vie des témoins de la foi comme Abraham, Moïse, les prophètes, les Apôtres, la Vierge Marie et saint Joseph pour entrevoir la vie chrétienne. Ce travail suppose : s’arrêter, s’asseoir, se faire ou se dire la vérité, méditer la nuit comme « un cerf altérer cherche l’eau vive ainsi l’âme cherche Dieu… » (cf. Ps 41, 2-3). En outre, Nicodème était un homme religieux, et il venait à Jésus comme à un maître en religion. Mais ce dont il avait besoin, ce n’étaient pas de nouvelles connaissances, c’était un renouvellement intérieur. Ce renouvellement intérieur nait quand on rencontre dans la profondeur du mystère de la rédemption à travers la croix comment Jésus est Fils de Dieu et source de la miséricorde de Dieu : « Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle»

C’est la même chose pour nous habituellement

Le dialogue de Jésus avec Nicodème nous fait découvrir que la vie chrétienne présente des enjeux spirituels insoupçonnés. Elle fait comprendre qu’il y a deux ordres de génération, l’une charnelle et l’autre spirituelle. L’homme charnel, faible, limité et mortel ne peut pas entrer de lui-même dans le Royaume ou la Gloire de Dieu, avoir la vie, vie éternelle ; relation intime et d’amour avec Dieu comme Jésus avec le Père. Il lui faut pour cela naître de l’Esprit, dans la foi. C’est ainsi que l’on pourra imaginer que l’on naît à la vie spirituelle comme on fait neuf mois dans le sein de la mère pour naître à la vie biologique.

Une rencontre qui a porté du fruit

La « re-naissance » de Nicodème issue de sa rencontre spirituelle avec Jésus élucide encore ses propos à Marie, la sœur de Marthe : « Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée». (Lc 10, 41). Cette rencontre vécue dans une discrète nouveauté ennoblira la vie historique de Nicodème. Il interviendra pour le parti de Jésus quand il était persécuté : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » (Jn 7,50), il participera à la sépulture de Jésus : « Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres» (Jn 19, 39).

Des hauts faits avec nous

Il en ressort, Frères et Sœurs, que l’entrée dans la vie chrétienne ne détruit pas notre humanité et ses capacités. Elle les élève, les dilate et les rend subliminaux : «Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui est préparé pour vous depuis la création du monde…»(Mt 25, 34).Or ce qui est fait à Jésus est fait à Dieu et récompensé par Lui : «En vérité je vous le dis, tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25,40).

Abbé Jean Baptiste LABADEH

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