Nous entrons dans le christianisme pour une vie régénérée

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Saint Jean commençait son Evangile spirituel en notifiant une situation d’opposition entre Jésus-Christ et ses frères juifs : «.Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu» (Jn 1,11-13). Nicodème, en venant à Jésus, était sur le point de faire le passage du rejet collectif à l’accueil personnel de Jésus comme le ‘’Médiateur’’ de l’Alliance nouvelle.

Dieu a tellement aimé le monde…

C’est ce qu’expriment les verstes 16-17. C’est bien là un scandale du point de vue humain et c’est bien là aussi le mystère du salut que l’image de la femme enceinte entrevoit un peu mieux. Tout l’enseignement de Jésus montre l’annonce du salut, comme ‘’santé spirituelle’’ à répercussion physique et matérielle. La nouvelle médiation que doit intégrer Nicodème, est celle du scandale, de l’achoppement de la croix. Certes, cet examen ne pourrait pas être simple pour le juif voire pour le païen pour qui la croix est folie, déraisonnement…La croix comme salut du monde est un contraste pour dire accepter affronter la souffrance est la condition sine qua non de la libération, de la réorientation de la vie humaine puisqu’elle s’impose à nous. Le mystère de la croix du Christ a pour Bonne Nouvelle, une voie tracée pour que l’homme puisse sortir du mal spirituel, physique ou moral. Il en résulte que quiconque refuse cette voix ne peut jamais parvenir à une libération quelconque de la vie car à l’origine de cette transformation, il y a la foi en Jésus qui s’épanouit dans un cœur pénitent.

Le refus de la médiation révélée de Jésus est auto-condamnation : VV : 17-21

Adam et Eve étaient faibles à situer la Vérité du côté de Dieu et le mensonge du côté du Diable. Clarifier ce dilemme ou cet embarras est le jugement apporté par Jésus-Christ. Aussi, pouvoir choisir la Vérité qui est Dieu Lui-même, c’est recevoir l’Enseignement de Jésus Révélation de Dieu et le recevoir comme son Fils et son Envoyé : «Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. ». Tôt ou tard, quelle que soit notre propre expérience spirituelle, il faut nous en remettre au témoignage de Jésus sur Dieu et sur son plan de salut. Mais, bien que la résurrection du Christ ait inauguré son invincible pouvoir sur l’histoire, un puissant courant continue à entraîner tous ceux qui refusent de reconnaître la vérité. C’est ce courant néfaste que nous appelons parfois le monde (Jean 15.19).

Entre la Lumière et les ténèbres

Le jugement se traduit aussi par le discernement. Celui qui, dans le monde, vivait déjà selon Dieu, vient à Jésus : «Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde» (Jn 1,9) : Le seul fait d’accepter cette lumière, de se remettre en cause et de remettre le monde en cause, de commencer l’œuvre de purification qui se poursuivra dans une vie d’Église, c’est le discernement déjà à l’œuvre. Celui-là n’aura pas à passer par un jugement dans la lumière de Dieu au moment de la mort. «Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. ». Par contre, celui qui ne croit pas et reste dans les demi-vérités court droit au jugement : Il en résulte le sérieux du baptême qui nous permet d’accéder à la foi dans le Nom du Fils de l’Homme, c’est-à-dire dans son caractère divin, et accueillir cette foi, c’est comme avoir passé le jugement : on est entré dans la vie éternelle.

Malheureusement, comme dans le jardin d’Eden, l’homme est toujours libre de ressentir une méfiance à l’égard de Jésus parce que sa sainteté était pour eux un reproche muet. Cet homme choisit donc de s’écouter lui-même et ne peut pas découvrir la sagesse de la vie de l’Esprit : « la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées».

Heureusement que les chrétiens ici-bas sont dans cette partie de ping-pong, le va et vient entre la vérité et le mensonge. Mais chaque fois, l’Esprit restituera la Vérité, la confession comme baptême actuelle nous rétablira dans l’Amour de Dieu (Cf 1P 3,21-22).

Par l’Abbé Jean Baptiste LABADEH

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