Heureux les invités-es aux noces de l’Agneau

0
310

Frères et Sœurs, nous quittons l’entretien spirituel de Jésus avec Nicodème et la présentation de Jésus sur la ‘’ vie éternelle’’. Le chapitre 6 que nous entamons aujourd’hui est centré sur Jésus comme Pain de vie en plein ministère dans un milieu païen : Galilée. Cet évangile lu dans une perspective post pascale nous invite à identifier les lieux de présence du Christ ressuscité.

La nature de la foule

Au temps de ce ministère de Jésus, Galilée était un milieu semi-paganisé à cause de la résilience de la culture assyro-babylonienne. La foule, quant à elle attendait l’antique promesse de l’avènement du salut que la Galilée avait en commun avec Juda. Elle suivait Jésus comme le ‘’prophète-Messie’’ annoncé. Elle le suivait donc à l’image d’un peuple en marche derrière le sauveur, allant vers la terre promise comme le peuple d’Israël guidé par Moïse: «Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades». En Marc 6, 32, Jésus demanda aux Apôtres de passer de l’autre rive. Ils furent rejoints par la même foule, une situation qui contraignit le Maître à enseigner de nouveau «car ils font penser à des brebis sans berger. Et il se met à les instruire longuement». Et bientôt, c’est la faim physiologique.

Sur des prés d’herbes fraiches…

Cette foule nourrie à cet endroit rappelle le peuple de Dieu nourri au désert de la ‘’manne’’. La scène accomplie aussi le passage suivant du prophète Isaïe : « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. » (Is 55,1). Nous y voyons en outre la réalisation du psaume 22(23) : « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.  Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante». (VV 3-5).

Ils le reconnurent à la fraction du pain

La fraction du pain fut avec l’action de grâce ‘’ il rendit grâce ‘’ des termes anciens qui désignaient l’Eucharistie dans les premières communautés chrétiennes apostoliques. La manière de procéder par Jésus signifiait un rite liturgique que reprendrait plus tard la tradition des Apôtres : «Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. ». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne». (1Cor 11,23-26). Tout ce développement fait répondre à la question de savoir où trouver le Christ ressuscité ? Le Christ ressuscité est visible quand la communauté des croyants qui se rassemble en son Nom. Elle constitue ipso facto l’Eglise par convocation. Le Christ est présent dans la Parole annoncée, dans la personne du ministre qui l’annonce, dans l’Eucharistie célébrée et dans le service fraternel.

Dieu nous convoque à la joie…

Que suscitent en nous ces présences du Christ ? Elle nous interpelle à re-prendre conscience du mystère de la célébration eucharistique comme un lieu où la Sainte Trinité se manifeste. L’Eglise fréquentée par les fidèles convoqués est l’image du désert où Dieu nourrit son peuple à travers la ‘’table de la Parole’’ et de l’Eucharistie dans le ministère sacramentel du prêtre, en lieu et place du Christ-Tête, et dans l’Amour fraternel par lien de la paix, signe de l’Esprit Saint. Saurions-nous désormais aller dans la Maison du Seigneur parce qu’Il nous a convoqués-es et nous disposer à recevoir ses merveilles que de lui imposer toujours nos demandes, une manière à nous de répéter la tendance de la foule de Galilée : ‘’À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul’’.

Abbé Jean Baptiste LABADEH

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici