Chers amis, frères et sœurs bien-aimés, voici trois dimanches déjà, que la joie de la Résurrection est entrée dans le monde, dans l’Eglise, dans nos familles et dans nos cœurs. Même si les conditions peu commodes que nous impose le virus corona ont changé le visage de nos célébrations et de nos réjouissances : une vérité reste et restera inébranlable : Christ hier, Christ aujourd’hui, Christ demain et pour l’éternité. Il est vraiment ressuscité et nous sommes ses témoins pour le XXI siècle.


L’Eglise, nous fait revivre encore aujourd’hui, l’une des plus belles pages des apparitions du Ressuscité, page bien familière et propre à saint Luc, qui nous révèle merveilleusement le schéma classique de nos assemblées eucharistiques et les deux nourritures fondamentales de l’être chrétien : la Parole et le Pain de vie, disons alors les 2P sacrés. Ce récit palpitant, vient aussi nous rappeler notre mission : celle d’être des annonciateurs toujours et partout du Kérygme : Christ mort et ressuscité, surtout dans les zones et localités, où beaucoup d’hommes et de femmes vivent encore dans la nuit, vides d’espérance, dans les ténèbres et les tourbillons de vanités de ce monde. Nombreuses et riches sont les pistes de méditations que nous offre ce passage lucanien, je voudrais en proposer ici cinq :

Le premier jour de la semaine
Luc précise que c’est le même jour, celui de la Résurrection, que l’apparition a eu lieu. La résurrection en effet, inaugure les temps nouveaux, la re-création. Avec le Ressuscité c’est toujours un nouveau départ, une nouvelle vie. Reconnu et accueilli, le Ressuscité transforme notre quotidien et notre temps, en y mettant du dynamisme, de l’espérance de la joie (Nous le constaterons vers la fin du récit).

Deux disciples, en route, un seul nommé
Nos amis faisaient route. La route, traduit nos chemins et sentiers de cette vie que nous parcourons, pensant parfois que Dieu demeure aveugle, sourd, muet ou manchot, indifférent à nos misères. Chose curieuse, un seul des deux disciples est nommé : Cléophas. C’est pour permettre à chacun de nous, de se retrouver dans le second. Chaque fois que cette situation d’anonymat se présente dans les récits bibliques, nous devons nous sentir concernés et interpellés, tout comme chacun de nous qui devient le jumeau de Thomas, dans l’Evangile du dimanche dernier.

Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître
C’est ainsi que nos soucis, nos peurs, nos tristesses, nos doutes, nos larmes nous empêchent véritablement de reconnaître le Sauveur qui vient toujours vers nous. Nous qui espérions que c’étaient lui qui allait délivrer Israël ? Jésus est le premier à s’approcher de nous pour nous relever, nous faire comprendre le cours des évènements de la vie. Mais, fermés à la Parole de Dieu, loin des sacrements de l’Eglise et des explications de ses pasteurs, séparés de nos frères et sœurs, comment pourrions-nous entendre la voix du Ressuscité et le reconnaître ?

Esprits sans intelligence, comme votre cœur est lent à croire
Jésus leur interpréta alors dans les Ecritures tout ce qui le concernait. Nous avons tous besoin d’une lumière pour pénétrer le sens caché des mystères du Royaume, pour comprendre la Parole de Dieu. La table de la Parole est la première de nos célébrations eucharistiques. On ne peut l’escamoter et prétendre accéder à la table de la communion. Faisons donc attention chers frères et sœurs à notre participation à la Sainte Messe.

Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse
Quel sens remarquable de fraternité et de convivialité de nos deux voyageurs ? Ils n’ont pas hésité à inviter l’inconnu. Ils n’ont pas pris du temps pour faire des calculs interminables de ce qu’ils ont dans leurs poches avant d’oser. Oser c’est risquer mais aussi, oser c’est gagner, c’est apprendre. Ils ont accueilli le Messie sans le savoir. Ce que vous avez fait à l’un de ses petits c’est à moi que l’avez fait. L’hospitalité a permis à certains d’accueillir dans anges dans leur maison. Chacun de nous doit désirer de tout son cœur le Seigneur, demeurer avec lui pour traverser les nuits de ce monde.

Chers amis, à la fraction du pain, après l’avoir reconnu, le Ressuscité disparaît pour laisser les disciples continuer sa mission. Il nous revient aujourd’hui de parcourir les chemins de ce monde pour porter la Bonne Nouvelle du Salut : Christ est vraiment ressuscité ! C’est le sens nos Ite Missa est, allez dans la paix du Christ. Tel est aussi le fondement du discours de Pierre dans le livre des actes des apôtres notre première lecture : cet homme cloué sur le bois, Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. Bien-aimés en écoutant la Parole de Dieu chaque jour et en recevant le Corps Sacré du Ressuscité, prenons à cœur les recommandations de saint Pierre dans la deuxième lecture : vivez donc dans la crainte de Dieu, pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers car c’est par le sang précieux d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ, que vous avez été rachetés. Frères et sœurs Devenons ce que nous consommons le Corps du Christ.

En ces jours difficiles pour nous tous, où notre humanité est secouée par cette pandémie, où chacun de nous sombre dans la tristesse, le découragement et la peur comme les disciples d’Emmaüs, que les paroles du psalmiste nous redonnent vigueur, confiance et espérance : tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption, tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie, à ta droite éternité de délices. Tu es à ma droite je suis inébranlable car tu es le Seigneur, le Vivant pour les siècles des siècles. Amen.

Frère Édouard-Aimé NOUCHET, Franciscain Formateur Fraternité d Adidogome.

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