Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri

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Bien chers lecteurs, nous clôturons la méditation de la parole de Dieu de cette semaine liturgique avec cette belle page évangélique qui nous présente la profession de foi du centurion. Jésus lui-même a admiré sa foi : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. » Il faut souligner à titre informatif que le centurion n’était pas probablement un israélite car le titre de centurion est utilisé pour désigner des officiers étrangers qui, à l’époque, étaient au service du roi Hérode Antipas.

Le centurion est alors un officier militaire subalterne de l’armée romaine qui a à sa commande une centurie, un groupe de soldats dont le nombre varie entre 60 et 100. Jésus a admiré la foi du centurion car c’était une foi assez humble et confiante : une foi humble puisque bien qu’il était un homme rempli de pouvoirs et qui sait commander, le centurion a confessé humblement qu’il n’était pas digne que Jésus rentre sous son toit ; une fois remplie de confiance car le centurion sait que Jésus peut commander de loin pour que son serviteur soit guéri. La foi du centurion est la foi de l’Eglise catholique ; c’est la foi de la Vierge Marie, des apôtres, des saints ; c’est dans cette foi que nous sommes baptisés. Nous professons que Jésus est Seigneur, il est Dieu et aucune puissance humaine, aucune autorité humaine ne peut égaler la puissance de Jésus ; il a tous les pouvoirs, même sur la mort. Saint Paul dira merveilleusement que « tout genoux fléchira, toute langue confessera que Jésus est Seigneur. » Une foi sans l’humilité n’obtient rien chez Dieu. C’est le cas du pharisien et du publicain qui étaient partis au Temple pour prier (cf. Lc 18, 10) ; le publicain a été exaucé à cause de son humilité ; par contre le pharisien n’avait pas été exaucé à cause de son orgueil, il s’était « planté » devant Dieu pour faire son propre éloge.

La foi est aussi et avant tout une confiance absolue en Dieu qui a le pouvoir de commander afin qu’advienne ce qui est bien pour l’homme. Jésus a commandé le vent et la Tempête et ils ont obéi (cf. Mc 4, 35) ; il a commandé aussi aux esprits mauvais et ils ont obéi (cf. Lc 1, 21) ; dans l’évangile de ce jour, il a simplement tenu la main de la belle-mère de Pierre et la fièvre la quitta, il a commandé la maladie. Si nous avons cette confiance en Jésus, tout ce que nous lui demandons dans la prière, il nous l’accorde selon sa volonté. Cette confiance signifie que le chrétien doit s’abandonner entre les mains de Dieu afin qu’il prenne la commande de sa vie. Notre vie de chrétien doit être commandée par Jésus qui nous dit d’avancer, de sauter dans le vide car la foi est véritablement un saut dans le vide.

On raconte qu’un enfant de 6 ans a été pris dans un grand incendie dans la chambre qui se situait au 4e étage de l’immeuble. L’enfant était seul puisque ses parents étaient partis faire quelques courses rapides en ville. Tout le monde a eu le temps de vider l’immeuble, sauf l’enfant qui était pris dans les flammes avant l’arrivée des sapeurs pompiers. L’enfant était à la fenêtre ne sachant que faire quand ses parents sont arrivés. Ne pouvant pas monter pour aller sauver leur enfant, le père a commencé par crier le nom de son enfant en lui disant « saute mon enfant, tu tomberas dans mes bras en bas. » L’enfant répond à son père qu’il ne peut pas sauter puisqu’il ne le voyait pas ; la fumée ayant pris toute l’immeuble. Le père demande à l’enfant s’il reconnaissait la voix de celui qui lui dit de sauter ? L’enfant dit oui qu’il reconnaît cette voix, c’est la voix de mon père. Le père lui dit s’il reconnaît que c’est la voix de son père, il peut sauter même s’il ne le voit pas. Et l’enfant sauta, et son papa le recueilli dans ses bras en bas, et l’enfant fut sauvé.

Cette histoire est l’histoire du centurion qui a fait l’expérience de la confiance en Jésus de qui vient la meilleure commande ; il a aussi fait l’expérience du saut dans le vide car bien qu’il soit une grande autorité, il n’a hésité à quitter son niveau pour se rabaisser aux pieds de Jésus qui n’était qu’un vulgaire charpentier. Cette histoire est aussi notre propre histoire et notre expérience quotidienne dans notre vie de chrétien. C’est l’occasion de se poser la question de savoir quelle est la qualité de ma relation spirituelle avec Jésus ? Est-ce que j’arrive à sauter dans le vide, à m’abandonner au Seigneur dans ma vie terrestre, en faisant confiance en Dieu que je ne vois pas ? Dieu, personne ne l’a jamais vu mais nous sommes ses enfants et il nous connaît, chacun par nos noms. Est-ce que ma vie de chrétien est humble ? Est-ce que je compte vraiment sur la puissance de Jésus ? Est-ce que, une fois devenu chrétien, Jésus a totalement pris la commande de ma vie ou bien je fais encore confiance aux fétiches et aux forces occultes dans ma famille ?

Que notre prière avant la communion eucharistique soit source de grâce pour purifier notre foi afin que nous ayons une foi humble et confiante : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. » Amen !

Père Thierry Guefli

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