HOSPITALITE : UNE SOURCE PRECIEUSE DABONDANTES GRACES ET DE BENEDICTIONS

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En ce 13e dim du TO, les textes que nous propose la liturgie nous invitent à lhospitalité. Dans la tradition biblique comme dans beaucoup de cultures, lhospitalité a été toujours considérée comme source de bénédiction pour la famille qui accueille ; elle attire la faveur de Dieu. Et cest en effet, ce qui se dessine dans la première lecture de ce dimanche. L’hospitalité de la femme Sunamite offerte à Elisée « en sa qualité de prophète » lui a obtenu la promesse dun fils : « lan prochain, à cette même époque, tu tiendras un fils dans tes bras». Oui chers frères et surs, cette annonce heureuse et inespérée est clairement la récompense du service rendu au messager de Dieu : « chaque fois quil passait par-là, il allait manger chez elle ». Ensuite, comme toutes nos mamans qui sont toujours attentives aux détails et aux besoins de la famille et même ceux des visiteurs, elle suggérera à son mari doffrir à cet étranger qui passe chaque année un endroit où reposer sa tête : « Construisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège, et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra sy retirer ». Cependant, il faut préciser quau début de lhistoire, cette femme Sunamite a offert cette hospitalité sans rien attendre en retour, sans contrepartie. Elle ne la pas fait pour que lhomme de Dieu lui rembourse en retour. Son geste échappe à tout calcul mathématique. Il sagit bien dun geste de gratuité et de désintéressement total posé au nom sa foi et à cause de lidentité du visiteur : « je sais que celui qui sarrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu ». Et cest aussi à cette même générosité que Jésus nous invite dans lévangile de ce matin : « Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité dhomme juste recevra une récompense dhomme juste ». Selon Saint Augustin, « nous navons pas vu le Christ auquel nous croyons. Mais nous avons la grâce de le rencontrer en accueillant ses envoyés et tous ceux auxquels il sidentifie ». Et cette affirmation est vraie. Beaucoup de témoignages foisonnent en ce sens. Mais navions-nous pas parfois abusé de leur générosité en leur imposant des choses ? Beaucoup sont ceux qui sont aujourdhui déguisés en homme de Dieu pour escroquer les fidèles. Semble-t-il que cest le chemin le plus facile actuellement pour senrichir. Et selon certains sociologues, cest ce qui justifierait la multiplicité des églises nouvelles et de leurs pasteurs dans notre société aujourdhui (on compte actuellement à Lomé plus de 6.0000 églises et camp de prière ; au sein de lEglise dAbidjan on a plus de 200 communautés nouvelles issues du renouveau Charismatique avec ses bergers et modérateurs qui sont actuellement accusés dextorsion de fonds et dabus sexuels. Oui chers frères et surs, notre identité de serviteurs de Dieu ne nous donne pas le pouvoir dabuser de la générosité de nos fidèles. Il faut aussi que nos fidèles restent vigilants pour démasquer ces profiteurs qui utilisent le nom de Dieu pour senrichir sur leur dos.Par ailleurs, linvitation de Jésus ne se limite pas seulement aux prêtres et aux prophètes (aux envoyés officiels du Seigneur) mais à tout le monde, sans exception : « celui qui donnera à boire, même un simple verre deau fraîche, à lun de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense ». Oui chers frères et surs, les plus petits sont tous ceux qui sont marginalisés ou privés économiquement, socialement, psychologiquement, comme létranger, le malade, le prisonnier. Ils sont identifiables à tous les rejetés de la terre : les sans-logis, les sans-travail, les personnes âgées, les immigrants. Ceux qui se sentent lésés dans nos mouvements et associations ; ceux dont leur avis importent peu à cause de leur situation financière. Ce sont également ceux qui sont au bord de nos chemins à qui nul ne tend la main pour les tirer de leur misère. Voilà pourquoi, le Pape François, nous invite à sortir de nos sacrities pour aller vers les autres, ceux qui sont restés dans les périphéries humaines. Il faut prendre sans crainte, des initiatives louables pour aller, à leur rencontre ; specialement ceux qui sont restees au bord de nos chemins, qui ne viennent plus dans nos assemblées dominicales pour les ramener. Car, lors du dernier jugement, « il nous sera demandé si nous avons aidé à sortir du doute qui engendre la peur, et bien souvent la solitude ; si nous avons été capables de vaincre lignorance dans laquelle vivent des millions de personnes, surtout des enfants privés de laide nécessaire pour être libérés de la pauvreté, si nous nous sommes fait proches de celui qui est seul et affligé ; si nous avons pardonné à celui qui nous offense, si nous avons rejeté toute forme de rancur et de haine qui porte à la violence, si nous avons été patients à limage de Dieu qui est si patient envers nous ; si enfin, nous avons confié au Seigneur, dans la prière, nos frères et surs. Cest dans chacun de ces plus petits que le Christ est présent ».Accueillir son frère ou sa sur, cest lui donner de son temps, lécouter, partager ses soucis, laider de ses moyens sans le juger ni le condamner. Une telle disponibilité à accueillir lautre entraîne nécessairement des sacrifices. Personne ne saurait le nier. Il faut que nous soyons prêts à emprunter le chemin du sacrifice, à affronter leffort dans cet engagement. Voilà la vie du baptisé. Et cest dans cette optique que Saint Paul nous rappelle dans la deuxième lecture que désormais avec notre baptême, notre existence chrétienne est marquée de la Croix du Christ : nous avons été mis au tombeau avec le Christ afin que nous menions une vie nouvelle à laquelle nous sommes ressuscités avec lui. Que lEucharistie de ce matin soutienne nos efforts de renoncements et de sacrifices à la suite du Christ. Que le Seigneur, Maître de limpossible, nous donne des curs avisés et sages pour savoir faire un bon usage des biens quil met à notre disposition. Quil nous donne la grâce de vivre avec un cur droit et sincère pour que nous ne restions pas sourds, indifférents aux souffrances et aux appels de nos frères et surs qui nous entourent. Bon dimanche à tous et à chacun.

P. Parfait GBOLOHOE, sma (Vicaire à la Paroisse Ste Thérèse de lEnfant Jésus et de la Ste Face dAdamavo)

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