Qui est mon ami ?

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Lectures : Ézéchiel 9,1-7.10,18-22, Ps 113(112),1-2.3-4.5-6, Matthieu 18,15-20.

« Si ton frère a commis un péché » : Jésus nous rappelle que le pécheur demeure notre frère, notre ami, notre sœur. Ce qui spécifie la relation à lui (elle) c’est ta liberté et ton courage de t’approcher, de lui parler pour l’aider à revenir sur le droit chemin s’il s’égare. Nos silences complices portent atteinte à nos liens fraternels et nos liens d’amitié. Il n’y a pas de solidarité dans le mal mais de la complicité. La solidarité est une propriété de l’amour et est toujours relative au bien.

Celui à qui je peux parler d’abord seul à seul et lui montrer sa faute avec délicatesse, voilà mon ami, mon frère et ma sœur. Lui parler d’abord « seul à seul ». Cette précaution permet de préserver la réputation de mon frère en faute. Il faut savoir reprendre son ami, sa sœur avec la plus grande discrétion. Moins il y a de personnes impliquées, mieux ce sera. Idéalement, toute affaire devrait se régler entre à deux.
Habituellement, nous faisons le contraire de ce que Jésus nous suggère dans l’évangile : au lieu de rencontrer la personne fautive et de lui parler discrètement, nous faisons des insinuations malveillantes dans son dos, portons des accusations, pratiquons allègrement la médisance, détruisons la réputation de l’autre. Le Christ nous dit que tout ceci n’est pas chrétien.

Il ne s’agit pas de montrer que nous sommes meilleurs que l’autre. La personne qui corrige son frère ou son ami doit d’abord se rappeler des paroles de Jésus : N’oublie pas la poutre dans ton œil chaque fois que tu attires l’attention de ton voisin sur la paille dans son œil.

Si nous faisons le choix d’abandonner un ami, une sœur dans le péché, un jour ou l’autre on le perdra. L’amour de l’autre est ce qu’il y a de plus important. « Si tu apportes ton offrande à l’autel et te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens présenter ton offrande » (Matthieu 5, 23-24). C’est dans ce climat que le Christ nous invite à la correction fraternelle.

« S’il ne t’écoute pas prend encore avec toi une ou deux personnes ». La bienveillance amicale et fraternelle fait qu’on ne se décourage jamais, on ne rompt pas trop vite la relation. En temps de conflit, il est normal que la communication se fasse au ralenti. Pourtant Jésus nous dit: Prenez toutes les mesures possibles pour rester en communication avec le frère ou l’ami fautif. Continuez à lui parler, même s’il ne semble pas réceptif à vos paroles. Efforcez-vous de le convaincre, prenez conseil, faites intervenir une tierce personne, Recourez à l’Église parce que La vie de ceux qui appartiennent à la communauté chrétienne est l’affaire de tous les croyants. Et si un frère ou un ami est dans l’erreur, il incombe aux autres chrétiens d’aller le voir pour l’aider à prendre conscience de faute et à se convertir. L’inaction est inacceptable lorsque la réputation de la famille, la dignité d’un proche, l’intégrité de l’église et le salut d’une personne sont en jeu.

L’ami, le frère ou la sœur doit toujours garder ouvertes les portes de son cœur. Il ne doit jamais se résigner à la perte d’un frère ou d’une sœur. Il doit se montrer toujours capable d’accueillir, de pardonner, de permettre le retour de celui ou de celle qui s’est éloigné, de prendre un nouveau départ en comptant sur la grâce du Seigneur.

Père Jean Philippe Diouf, Communauté Saint Jean

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