Au vin nouveau de Jésus, l’outre d’une nouvelle vie !

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Chers amis,

Les pêcheurs appelés par le Christ aux bords du lac de Génésareth laissèrent tout et le suivirent. Aussi simplement que cela. Tout, disons le bien, ils laissèrent tout, pour suivre ce presqu’inconnu. Pourquoi donc ? Parce que leur cœur, et nous ne répéterons jamais assez qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, leur cœur donc a reconnu en lui celui qui donne une réponse à leur espérance.

La démarche des disciples ressemble d’ailleurs étonnamment à celle des épousailles : l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Et nous savons combien la séparation de sa famille ou de ses précédents liens  peut être déchirante parfois ! Jésus ne rougit d’ailleurs pas d’enfoncer le clou: si quelqu’un vient à moi sans me préférer à sa propre famille, celui là n’est pas digne de moi ! La chose peut paraître folle, mais c’est ainsi. Chaque mariage, chaque consécration ne procèdent-ils pas d’une part de folie, d’un saut vers l’inconnu ? C’est bien cela la folie de Dieu, plus sagesse que la sagesse des hommes.

On comprend mieux pourquoi à la question des pharisiens dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus répond en employant l’image des noces et de l’époux : tant que Jésus est là, c’est la fête, le comblement de notre vie. Et comme à son habitude, Jésus emploie une image tranchée, pour insister sur le caractère radical et total du choix qui doit être fait : si nous le choisissons lui, nous devrons lui faire place nette. Rien à voir avec nos petites tricheries que nous faisons d’habitude avec la vie, nos arrangements et compromissions : à vin nouveau, outre neuve ! Boire le vin des noces de Jésus, c’est choisir de nous engager résolument dans une nouvelle vie avec lui.

Là est pourtant tout le souci. Combien ne se définissent comme chrétiens et occultistes à la fois ? Combien ne se réclament de Jésus et ne continuent de copiner avec des conceptions et des pratiques douteuses voire anti-évangéliques? Certains vont jusqu’à arguer que le Christ nous a été apporté de l’extérieur, alors que notre terroir a son propre « vin », si ancien, si bon…

Osons le dire avec la dernière énergie, ce raisonnement n’est ni conforme à l’évangile, ni respectueux des religions traditionnelles, comme si ni l’une, ni l’autre n’avait de substance positive propre. Dans les langues de notre terroir, cela se dit « manger dans deux assiettes à la fois », et c’est l’une des expressions par lesquelles on désigne le traître et le vendu. La foi est comme l’amour vrai entre époux, elle ne supporte pas la concurrence. Et comme l’amour des époux, elle grandit dans la confiance. Voilà également l’essentiel du propos de l’apôtre Paul dans la première lecture. Or nous le savons, le moment de témoigner que nous sommes dignes de confiance, c’est lorsque nous sommes seuls devant nos choix et que personne ne semble nous regarder.

Qui sommes nous lorsque nous nous retrouvons seuls ? Si nous pouvions nous soustraire à tout regard, quels choix opérerions-nous ? Serions-nous justes devant notre conscience et devant Dieu ? De quel vin nous enivrons- nous, au point de perdre parfois le contact avec l’essentiel ? Nous souvenons-nous que ce qui est caché finit toujours par être mis en lumière ?À tous, le psaume de ce jour rappelle ces paroles de sagesse, qui sont sans doute la règle ultime du bonheur:

Fais confiance au Seigneur, agis bien. Évite le mal, fais ce qui est bien !

P. Joseph LABA, Aumônerie de l’UCAO / UUT

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