Devenir petit pour percer les grands mystères

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Telle est la vérité récapitulative des textes de la liturgie de ce dernier jour de la XXVI semaine du Temps ordinaire. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

Il n’y a donc pas à s’enorgueillir, à se vanter d’un quelconque progrès ou d’une réalisation sur le plan spirituel ou missionnaire. Seul Dieu est au cœur de toute conversion et réalisation de l’homme.

Revenu de leur mission tout joyeux, les soixante douze disciples que Jésus avait envoyés s’exclament : même les démons nous sont soumis en ton nom. Et à Jésus de leur répondre : ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. Oui frères et sœurs, notre unique rêve, notre unique désir, notre profonde aspiration, doit être simplement : entrer un jour dans la béatitude céleste, découvrir le visage du Père qui nous aime tant. Pour y arriver une seule attitude s’impose : celle de l’abaissement, de l’humilité ou de l’abandon : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance : exulta de joie Jésus sous l’action de l’Esprit Saint.

Job est un exemple éloquent pour cette disposition intérieure forte, que doit posséder le chrétien afin de découvrir les mystères du royaume : « devenir petit pour percer les grands mystères ». Job est arrivé à la conclusion salutaire : c’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi je me rétracte et me repens sur la poussière et sur la cendre. Par cette attitude de profonde humilité et de reconnaissance de la souveraine majesté de Dieu, Job fut comblé au-delà de ses attentes et fut rassasié de jours. Le psalmiste aussi nous invite à la petitesse et à la confiance : pour ton serviteur, que ton visage s’illumine. Apprends-moi à bien saisir, à bien juger : je me fie à tes volontés. C’est pour mon bien que j’ai souffert, ainsi, ai-je appris tes commandements. Ps 118, 66.


A la veille du 4 octobre, où nous célébrons avec grande joie le pauvre d’Assise, saint François, cet homme qui reste un icone éloquent de fraternité, d’humilité et d’abaissement devant Dieu et parmi les hommes, faisons monter au ciel cette belle prière qu’il aimait réciter fréquemment : que devienne toujours plus lumineuse en nous, la connaissance que nous avons de toi Père, afin que, nous puissions mesurer la largeur de tes bienfaits, la longueur de tes promesses, la hauteur de ta majesté et la profondeur de tes jugements. Amen.

Fr Édouard Aimé de Dieu NOUCHET, formateur des frères franciscains, Couvent d’Adidogome

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