OSER ÊTRE SOI-MÊME SANS SE DÉPARTIR DES AUTRES

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Ga 2, 1-2.7-14
Ps 116 (117)
Lc 11, 1-4

Chers frères et sœurs en Christ,

Nous lisions hier dans le chapitre premier de la lettre aux Galates, la conversion ainsi que la mission de saint Paul apôtre parmi les nations païennes qu’il appelle les « incirconcis ». Dans la première lecture d’aujourd’hui, saint Paul, après être monté à Jérusalem, fait aux apôtres le compte-rendu de sa pérégrination au service de la Bonne Nouvelle parmi les nations païennes.

En effet, Paul fait une démarche très louable. Il veut s’assurer que son enseignement répond à la doctrine de la Parole de Dieu ainsi qu’à l’héritage spirituel légués aux apôtres par le Christ. L’humilité de Saint Paul est ici touchante. Il ne s’arroge pas le droit d’avoir été « mis à part » par le Christ, mais reconnaît la primauté des apôtres et se soumet volontiers à leur autorité en faisant certifier son appel ainsi que son enseignement à leurs décisions. En outre, Paul reconnaît en toute honnêteté que les apôtres, tout comme les autorités ecclésiastiques d’aujourd’hui, sont les seuls à confirmer ou à infirmer un charisme ou un appel. Bref, le discernement des charismes à l’Eglise. À cet effet, voici ce que dit l’apôtre Paul lui-même : « Ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée, Jacques, Pierre et Jean, qui sont considérés comme les colonnes de l’Église, nous ont tendu la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion, montrant par là que nous sommes, nous, envoyés aux nations, et eux, aux circoncis. »

Chers frères et sœurs en Christ, de cette parole de l’apôtre Paul, le mot « communion » doit retenir notre attention et nous faire pâlir de remords pour toutes les fois que nos actions ont contribué à semer le trouble dans nos communautés, dans nos services et à créer la division parmi les membres à cause de notre orgueil et insoumission. En effet, la « communion » dans son étimologie grecque « koïnonia », veut dire l’unité d’action commune d’un groupe de personnes partageant soit la même foi ou mus par les mêmes idéaux. Du coup, la « communion » exclut donc toute divergence de points de vue ; elle suppose la considération des autres et s’oppose à la division quelques soient les motifs de nos désaccords. De là, pour être effective, la « communion » exige de nous la soumission à l’autorité compétente, l’estime des autres ainsi que la vérité de ce que nous sommes. C’est pourquoi, la « communion » naguère recherchée par Paul, doit être aujourd’hui notre principal objectif tant dans l’Église que partout ailleurs.

Mes chers, il n’est pas faux que les responsabilités et tâches au sein des paroisses, communautés et structures chrétiennes ne s’équivalent pas. Il n’est pas non plus faux que les responsabilités sont attribuées selon les compétences et dispositions intellectuelles, culturelles et même psychologues. Toutefois, nous devons rechercher la communion avec l’autorité supérieur et nous soumettre à ses ordres. En réalité, quelques soient nos compétences, se croire supérieur à l’autorité est leurre et un péché contre l’Esprit Saint. D’ailleurs, aucune mission aussi bien dans l’Église que la société n’est jamais réussie dans la divergence avec les autres. Il est malheureux que des communautés soient divisées à cause des appartenances ethniques ; il est malheureux que des clergés soient divisés du fait de l’arrogance des uns et de l’insoumission des autres…et la liste est longue.

Chers amis en Christ, en réalité, la « communion » n’exclut pas la vérité, puisque toute « communion » qui s’inscrit dans le faux est vouée à l’échec. C’est justement cette attitude de duplicité et d’hypocrisie des apôtres Pierre et Barnabé que saint Paul dénonce sans mâcher ses mots : « Si toi qui es juif,
tu vis à la manière des païens et non des Juifs, pourquoi obliges-tu les païens à suivre les coutumes juives ? »

Chers frères et sœurs en Christ, l’hypocrisie tue les relations, la duplicité met dans des embarras, le mensonge créé la division. Vouloir paraître ce que nous ne sommes pas, c’est s’imposer des jougs. C’est pourquoi, nous devons avoir le courage d’être nous-mêmes sans vouloir jouer ni nous imposer une fausse personnalité ; il faut oser être soi-même sans se départir des autres ; marquer notre attachement en toute honnêteté à ce qui est bien et manifester notre désapprobation pour ce qui est mal. Le courage d’avoir une intention droite et de dire la vérité de ce l’on pense, rende la conscience libre. L’apôtre Paul n’y a déroger vis-à-vis de Pierre et compagnies. D’ailleurs, c’est la diversité qui fait l’unité et la communion. Et la communion, la vraie, exige de soi la vérité et l’honnêteté tant dans la parole que dans les gestes.

C’est justement cette vérité de cœur et d’attitudes, cette communion et union avec les autres qui légitiment notre demande et garantie la sincérité de notre prière comme l’apprend si bien Jésus à ses disciples dans l’Évangile. Ce sont les disciples qui manifestèrent en chœur leur désir à Jésus. Ainsi, ont-ils dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »

Chers frères et sœurs en Christ, à l’image des disciples dont la communion s’est révélée dans leur demande commune à Jésus, soyons aussi déterminés à sauvegarder les liens de fraternité en Eglise et d’amitié en société. Que Dieu nous y aide. Amen.

Chant : Nous sommes un dans un lien d’amour. Notre esprit est uni avec l’Esprit de Dieu. Nous sommes un dans un lien d’amour.

Prions :
Dieu dont la bonté surpasse notre faiblesse, fais-nous la grâce de vivre dans la sincérité de nos engagements baptismaux et sociaux, sans nous laisser porter vers ce qui peut nous détruire. Amen
.

Abbé David DOUTI.

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