HÉRITIERS SELON LA PROMESSE

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Ga 3, 22-29
Ps 104 (105)
Lc 11, 27-28

Chers frères et sœurs en Christ,

Hier, nous découvrions avec l’apôtre Paul que c’est par la foi qu’Abraham est devenu juste et par lui, toutes les nations païennes ont dorénavant part aux promesses de Dieu réalisées dans le Christ.

Mais la plénitude de cette promesse de la vie nouvelle faite aux nations païennes dans le Christ, commence par le baptême, qui donne la grâce de l’héritage spirituel ainsi que la grâce de la communion avec les autres.

L’héritage spirituel : qu’est-ce exactement ?

Chers amis en Christ, tel que le dit l’apôtre Paul à l’entame de la première lecture d’aujourd’hui, le péché a fait de nous des ennemis de Dieu, nous privant par là de la grâce abondante du salut dont les prémices commencèrent avec le patriarche Abraham.

Néanmoins, dans l’histoire du salut, Abraham n’est pas le terminus ad quem, mais bien Jésus, en qui, commencent pour tous ceux qui l’ont reçu avec foi, la vie nouvelle des enfants de Dieu.

Chers amis, il faut assister à la conversion et au baptême d’un charlatan ou d’un grand adepte des religions traditionnelles africaines pour comprendre la réalité de cette libération du joug du péché ainsi que la ferveur de la grâce de conversion que saint Paul s’attarde à expliquer.

En effet, c’est bien par le baptême que nous sommes réconciliés avec Dieu. À la différence du sacrement de pénitence-réconciliation encore connu sous le nom générique de « Confession », le baptême est le tout premier Sacrement de réconciliation avec Dieu. Du coup, être réconcilié avec Dieu, c’est être justifié, c’est-à-dire, être reconnu comme n’étant plus un « ennemi » de Dieu ni des autres, puisque par Dieu, nous nous bénéficions du même héritage spirituel dans le Christ-Jésus. Saint Paul développe amplement ce thème de la justification dans sa lettre aux Romains. Le baptême est donc indispensable.

Le baptême : Sacrement de communion avec les autres

Chers frères et sœurs en Christ, l’observation suivante de saint Paul doit retenir notre attention : « Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. »

Pourquoi saint Paul prend-il soin de faire cette précision si importante ? Chers amis, dans le Christ, tous ceux qui ont reçu la grâce du baptême forment dorénavant une seule et même famille quelques soient leurs diversités ethniques, culturelles, linguistiques.

En effet, le lien du baptême est plus fort que le lien de sang, puisque c’est le baptême qui fait de nous des enfants de Dieu ainsi que des créatures nouvelles. Cela étant, nous ne devons voir dans tous ceux qui ont reçu le baptême, non seulement des images parfaites de Dieu, mais aussi des autres « nous-mêmes ».

C’est cette raison, qu’on parle de « l’Église, famille de Dieu » : Église-famille de Dieu qui est à Lomé, Église-famille de Dieu qui est à Aneho, Église-famille de Dieu qui est à Atakpamé, Église-famille de Dieu qui est à Dapaong, Église-famille de Dieu qui est à Londres, à Paris, à Washington, à Melbourne, à Pékin…

Cela veut dire en réalité, que par le baptême, le chrétien doit se sentir heureux quelque soit la communauté chrétienne dans laquelle il se retrouve. Et nos divergences d’opinions, politiques et autres, ne doivent influer sur notre communion chrétienne. C’est malheureusement ces divergences ethniques qui furent à l’origine du génocide au Rwanda en 1994, quand les Hutus et les Tutsis, chrétiens catholiques à majorité, s’affrontèrent dans l’un des conflits les plus sanglants du vingtième siècle. Malgré ces entrefaites, le Rwanda est reconnu jusqu’à ce jour comme le pays le plus catholique en Afrique.

Chers frères et sœurs en Christ, sommes-nous conscients que par le baptême, nous sommes devenus membres de la même famille qu’est l’Eglise, avec les autres ? Si c’est vraiment le cas, qu’est-ce que peux justifier les conflits au sein des communautés chrétiennes qui frisent aux yeux des païens, le scandale ?

Bien-aimés, si la Parole de Dieu inspire toutes nos actions, nos faits et gestes seront en coordination avec ce que veut l’Eglise. Or, la volonté de l’Eglise est contenue dans la Parole du Christ. Donc, réaliser dans la communion avec les autres ce que veut l’Eglise, c’est tenir en haute estime la volonté de Dieu contenue dans sa Parole.

C’est justement ce que dit Jésus en réponse à cette femme qui admirait en lui, la qualité de sa prédication : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

À compter de cette date, que chacun de nous fasse effort pour lire les quatre évangiles avant la fête de Noël. Que l’Esprit Saint nous y aide ! Amen.

Prions :

Seigneur, fais de nous dans l’Eglise, des artisans de communion et non de division. Que jamais, notre agir ne s’écarte de ta Parole. Amen.

Abbé David DOUTI.

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