Être des témoins inlassables de Dieu, de sa présence et de son action

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En ce 15 octobre, l’Eglise nous donne de contempler la figure d’une mystique : Thérèse d’Avila encore appelée Thérèse de Jésus. Et pour la fêter, il me plaît de vous faire découvrir un aspect non moins important de sa vie. Vous comprendrez que je ne ferai pas de commentaire des textes aujourd’hui.

Alors qu’est-ce que j’ai de si important à vous dire au point de sacrifier le commentaire des lectures ? Le mot est lâché : l’important. Avoir de l’importance ou chercher à en avoir. C’est au fait ce qui nous meut dans le monde aujourd’hui. Cette importance, sainte Thérèse a voulu la trouver en Jésus. C’est le secret de toute sa vie. Vivre de Jésus. Ne nous a-t-elle pas légué son célèbre poème Dieu seul suffit ? Je ne voudrais pas vous rabâcher les oreilles avec ce que vous savez déjà. On résumerait volontiers la vie de Thérèse d’Avila à « Dieu seul suffit ». Ce qui m’intéresse c’est la manière dont elle a cherché le Seigneur.

Rappelons au passage qu’elle est entrée au carmel à vingt ans. Et c’est au bout de vingt de vie monastique qu’elle dit avoir été convertie. Qu’est-ce qu’elle appelle conversion ? Sainte Thérèse a toujours eu une vie pieuse. Ses consœurs en  ont témoigné. Elle était même un modèle de vie monastique pour ses sœurs. Alors comment comprendre la conversion de Thérèse ?

En 1555, Thérèse avait quarante ans. Et c’est à cet âge qu’elle affirme être convertie. Vingt années plus tôt, c’est-à-dire au moment où elle entrait au monastère, elle avait un unique désir : unir sa vie à celle du Christ. Et elle intensifiait les activités de piété. Elle faisait beaucoup d’efforts pour conformer sa vie à l’évangile. Elle était persuadée d’obtenir le salut par ses propres efforts. Mais en 1555, quelque chose va se passer dans sa vie. Elle reçoit en cadeau le livre des Confessions de saint Augustin qui venait d’être traduit en Espagnol. La lecture de ce livre va provoquer une metanoïa dans la vie de Thérèse. Dès lors Elle comprend que la sainteté est l’œuvre de Dieu. Ainsi donc elle se reprochait d’avoir trop confiance en soi et pas assez ou pas tout à fait en Dieu. Et à partir de là, elle va se laisser porter par Dieu. Elle s’abandonne totalement et entièrement à Dieu.  

Sainte Thérèse a fini par comprendre que l’être humain reçoit son identité de Dieu :  » Si tu veux te trouver, tu te trouveras en moi et en retour si tu veux me chercher, ne me cherche pas au-dessus de là, cherche moi en toi. C’est lieu où je prends mon repos ». Contrairement à Descartes qui affirme que c’est parce qu’il pense qu’il est, le théologien Hans Urs Von Balthasar, préfère dire que c’est parce qu’il est pensé qu’il est. Il reçoit et accueille son être de Dieu. Certes il faut faire des efforts mais les efforts seuls ne suffisent pas pour notre salut.

La figure mystique de Thérèse nous intéresse à plus d’un titre parce qu’elle nous fait comprendre que nous n’avons pas besoin de nous mettre en marge de notre devoir d’état pour faire des expériences mystiques. Elle lisait la Bible, vivait la sainte messe. Elle suivait les règlements de la vie religieuse. C’est donc dans l’ordinaire de sa vie monastique que Thérèse vivait ses expériences mystiques.

Or de nos jours, certains frères et sœurs de la vie chrétienne vont se retrouver dans des forêts, des lieux déserts dans l’intention de vivre ces moments de profonde intimité avec le Seigneur. Et à quelle fin encore ? Vous ne me croirez pas mais ils font tout ceci afin d’obtenir des « puissances divines ». Que feront-ils une fois qu’ils les auront ? Encore faut-il que ça marche ? Ils commenceront par prophétiser, guérir les malades. Ils vont se mettre à chasser les esprits mauvais de jour comme de nuit. Ils délaisseront leurs activités pour s’adonner à la chasse du démon. Et pour ceux qui sont sans emploi, cela se transforme en business. Ils vont défier l’autorité de leurs pasteurs.  L’idée peut être louable dans la mesure où elle dénote d’un certain altruisme. Mais avons nous besoin d’aller jusque là ? 

Que par l’intercession de sainte Thérèse d’Avila nous comprenions que tout vient de Dieu afin de vivre en esprit d’adoration. Amen !

Abbé Adjé Gervais M. AKAKPO

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