Bien comprendre la commémoration de tous les fidèles défunts

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Nous célébrons en ce jour la mémoire de tous les fidèles défunts. Nous les commémorons ainsi que tous les morts. On a vite fait d’appeler cette commémoration la fête des morts. Mais le catholique peut-il célébrer véritablement la mort qui fait partie des ténèbres dont le Christ nous libère ?

En effet, il existe dans nos religions traditionnelles le culte des morts. Cependant, aucune confusion n’est ici admissible. Nous n’avons pas à réaliser un syncrétisme savant entre nos cultures et la foi en Jésus Christ. L’idolâtrie n’a pas de place dans la vie du disciple du Christ. Par conséquent, cette célébration au lendemain de la solennité de tous les saints, et en cette 31ème semaine du temps ordinaire de l’Année A, nous donne de célébrer non pas tant la mort et nos morts, mais plutôt la plénitude de la Vie qui est la résurrection en Jésus Christ.


Nous pensons à tous ceux et celles qui nous ont quitté et nous prions pour eux. C’est donc un moment de prière et d’hommages adressés à tous ceux qui nous ont précédé auprès de Dieu. Leur souvenir est actuel au nom de notre foi en la bienheureuse résurrection.
En vertu de « la communion des saints » qui est la communion de Vie, il existe une solidarité entre nous et ceux qui nous ont précédé en Jésus Christ. Déjà, vers l’an 100, Odilon, l’Abbé de Cluny, a exigé dans tous ses monastères la commémoration des défunts par une messe solennelle le 2 novembre. Au XV siècle, les dominicains inaugurèrent en Espagne l’usage de célébrer trois messes en ce jour. Le Pape Benoît XV a étendu à toute l’Église la possibilité de célébrer trois messes le 2 novembre.  C’est au nom de cette tradition que j’ai choisi de partager avec vous les lectures de la troisième messe.


La préface de la messe de ce jour nous situe bien le sens profond de cette commémoration quand elle déclare : « C’est en (Jésus Christ) qu’a resplendi pour nous l’espérance de la résurrection bienheureuse ; et si la loi de la mort nous afflige, la promesse de l’immortalité nous apporte la consolation. Car pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. ». Cette vérité est proclamée par le livre de la Sagesse dans la  1ère lecture. En effet, le juste a sa place auprès de Dieu. Car « le juste même s’il meurt avant l’âge, trouvera le repos » en Dieu. Le Psalmiste, au Psaume 129, confirme qu’en Dieu nous avons la vie : « Oui, près du seigneur, est l’Amour ; près de lui abonde le rachat ».

Saint Paul dans la seconde lecture enseigne que la mort et la résurrection du Christ sont le gage de la résurrection du disciple. Il écrit : « ceux qui sont endormies, Dieu, par le Christ les amènera à lui. » Devant la souffrance de Marie et de Marthe, suite à la  mort de leur frère Lazare, un ami de Jésus, celui-ci révèle le projet ultime du Père pour l’humanité. Ainsi, en Jésus Christ, la Vie est donnée comme ce fut le cas pour Lazare le ressuscité. Car, dit Jésus : « Moi, je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra.. »


Demandons la grâce d’une bonne mort. Convertissons-nous pour vivre en homme et femme d’espérance qui croient en la Résurrection comme Marthe. Prions pour nos frères et sœurs défunts et vivons en homme et en femme vigilants que la mort ne surprendra pas.


Père Pierre Marie Chanel AFFOGNON

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