Pécheurs, mais pas damnés

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Jeudi 05 novembre 2020

  • Lecture : Ph 3, 3-8a
  • Psaume  Ps 104 (105), 2-3, 4-5, 6-7
  • Évangile : Lc 15, 1-10

Frères et sœurs bien-aimés,

Loué soit Jésus Christ !

Chaque jour le Seigneur nous rejoint pour nous relever. Car ce que Dieu veut pour le pécheur c’est qu’il se convertisse pour bénéficier gratuitement de son salut. En effet, comme le disent des Pères de l’Eglise, Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu.

Dans l’Evangile que nous venons d’écouter, Jésus pose un acte salvifique. Mais cela choque et scandalise les pharisiens et les scribes. Ainsi ils récriminent contre Jésus parce qu’il a fait bon accueil aux publicains et aux pécheurs : « Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ». Jésus dont le nom signifie « Dieu sauve » (Yéshua) et « Dieu avec nous » (Emmanuel) pouvait-il ne pas sauver le pécheur qui vient vers lui pour l’écouter et qui accepte d’être avec lui ?

Pour aider les pharisiens et les scribes à se convertir, à sortir de leur prétention d’être des parfaits et pour les libérer de leur orgueil qui juge, rejette et condamne les autres, Jésus leur adresse les deux paraboles : celle de la brebis perdue et retrouvée et celle de la femme qui retrouve sa pièce perdue. Dans les deux cas, et le berger et la femme, chacun a cherché de toute sa force la brebis et la pièce. La joie et la fête sont au rendez-vous quand chacun à retrouvé ce qu’il a perdu. « Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion. » La femme qui retrouve une pièce invite à la fête. Comment dépenser plus que la pièce retrouvée pour organiser la fête avec ses amis pour celle retrouvée ? Il y a ici un paradoxe apparent. En fait, nous ne sommes plus ici sur le terrain de l’économie et du calcul égoïste. Nous sommes dans « l’économie du salut » où chacun compte, chacun a du prix (cf. Is.43, 1-7) et mieux encore l’engagement de Dieu pour notre salut n’a pas de prix. Ici la valeur de chacun pour Dieu dépasse toute transaction. Car c’est l’AMOUR (Agapè) qui se déploie. « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdu !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.»

Frère et sœur, nous sommes des pécheurs mais pas des damnés. Dieu nous aime. Jésus a les bras ouverts pour chacun de nous sur la croix pour nous sauver. Comme les publicains et les pécheurs de ce jour, allons aussi pour l’écouter. Laissons-le entrer dans la maison de nos vies malgré nos désordres. Laissons-le prendre place à la table intérieure de nos cœurs pour nous renouveler son alliance, conclue avec nous le jour de notre baptême, que nous avons si souvent violé par nos paroles et nos actes contraires à son Evangile.

Ce matin, laisse-toi aimer par Jésus tel que tu es. Accepte qu’il te cherche et qu’il te trouve pour te libérer de tes angoisses, de ton découragement, de ton égarement, de ton refus de pardonner et d’aimer, de ta paresse, de tes mensonges, de tes suffisances érigées en mode de vie, de tes jouissances désordonnées, de ta tristesse, de ta colère, de ton désir de te venger, de rendre le mal pour le mal avec un cœur rempli de haine. Accueille l’Esprit Saint ce matin. Invite-le et demande-lui de demeurer en toi, près de toi et avec toi. Prie et renouvelle sans cesse ta prière du cœur. C’est là que se trouve ton salut. Entrons dans l’invitation du psalmiste : « cherchez le Seigneur et sa puissance, recherchez sans trêve sa face ».

Saint Paul, jadis persécuteur de l’Eglise et meurtrier, nous enseigne que tout pécheur est appelé à la sainteté grâce à son oui à l’appel de Dieu. L’accueil de l’Evangile n’admet pas une convocation sans discernement de nos pratiques cultuelles mais un renouveau profond de vie dans la fidélité à l’enseignement de Jésus Christ actualisé par le magistère de l’Eglise. S’il est  vrai que l’Evangile n’exclut pas nos cultures, il est aussi vrai que l’Evangile ne s’identifie pas à celles-ci. Saint Paul déclare : « J’aurais pourtant, moi aussi, des raisons de placer ma confiance dans la chair. Si un autre pense avoir des raisons de le faire, moi, j’en ai bien davantage : circoncis à huit jours, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu, fils d’Hébreux ; pour l’observance de la loi de Moïse, j’étais pharisien ; pour ce qui est du zèle, j’étais persécuteur de l’Église ; pour la justice que donne la Loi, j’étais devenu irréprochable. »

La rencontre personnelle avec le Christ et la vie nouvelle dans l’Esprit Saint exige des ruptures nécessaires où il faut renoncer à des avantages ou à des privilèges: « tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte. Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. »

Mon frère, ma sœur, le Christ te rejoint ce matin sans tenir compte de tes péchés et de tes infidélités. Laisses-toi aimer par lui tel que tu es. Alors en lui et dans la puissance de l’Esprit Saint tu trouveras les forces et la grâce nécessaires pour faire les ruptures indispensables à ton salut : C’est cela la CONVERSION. Elle est quotidienne.

Évitons d’êtres des pharisiens et des scribes vis-à-vis de nos frères et sœurs. Bénissons le Seigneur qui s’est engagé pour notre salut et adorons-le en faisant beaucoup de bien autour de nous sans rejeter, juger et condamner personne à cause de ses faiblesses. Usons de corrections fraternelles et non de malédictions et de haine contre ceux qui nous font du mal.

P Pierre Marie Chanel AFFOGNON

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