Dieu seul suffit

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Samedi 7 novembre 2020

Première Lecture : Philippiens 4, 10–19
Psaume 111 (112), 1–2, 5–6, 8, 9
Évangile : Luc 16, 9–15
Mémoire de Saint Willibrord, évêque,

Frères et sœurs,
Loué soit Jésus Christ,
Pour notre Seigneur Jésus Christ, les richesses doivent être utilisées pour bâtir la « demeure éternelle ».
Mon frère, ma sœur, quelle est ton rapport ou ta relation avec l’argent, avec les biens de la terre ? Des théories erronées, ont enseigné : « je suis ce que j’ai ». Jésus nous dit plutôt : « nul serviteur ne peut servir deux maîtres… Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. La cupidité et la vanité nous liées à l’esclavage de l’avoir, qui nous guette tous, et qui peut nous faire dire : « tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois, fais la fête ». (Lc 12, 19)


L’idolâtrie de l’argent ouvre la porte à une vie de « bêtises » qui déshumanise. Ainsi l’homme appelé à être sage et à être manifestation de la gloire de Dieu devient plutôt un insensé et ténébreux sans foi ni loi. Au sujet de l’esclavage de l’argent, Saint Paul mettait en garde, le jeune épiscope Timothée, en ces termes : « Si nous avons de quoi manger et nous habiller, sachons nous en contenter. Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans le piège de la tentation, dans une foule de convoitises absurdes et dangereuses, qui plongent les gens dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être attachés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligé à eux-mêmes des tourments sans nombre. Mais toi, homme de Dieu, fuis tout cela ; recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. » (1Tim 6, 8-11).


Dans la première lecture de ce jour, Saint Paul félicite la communauté de Philippes pour sa générosité envers lui, mais sa joie n’est pas placée dans « cet avoir » mais plutôt dans le Seigneur et la floraison des fruits de la vie nouvelle en Jésus Christ dans cette communauté : « frères, j’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur à voir maintenant refleurir vos bonnes dispositions… ». Contrairement à celui qui vit selon la logique du monde, et qui n’a que le désir d’amasser et de thésauriser à tout prix, le disciple du Christ, lui, sait vivre sereinement et en action pour ce qu’il a et ce même pour ce qui lui manque. Nous voici devant cette belle profession de foi qui fonde le projet de vie de l’Apôtre des nations : « j’ai appris à me contenter de ce que j’ai. Je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance. J’ai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans les privations. Je peux tout en celui qui me donne la force. ».


Frère et sœur, comment apprends-tu et te formes-tu à te contenter, sans aucune ambition démesurée, de ce que tu as ? La foi en Jésus Christ est aussi foi en la Providence divine. Jésus nous dit : « c’est pourquoi je vous dis : ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez…» (cf. Mt 6, 25). Quelle est le degré de ta confiance dans le Seigneur, en sa Providence au quotidien ? Puissions-nous dire, comme Saint Paul et avec foi, devant chaque besoin : « mon Dieu comblera tous (les) besoins selon sa richesse, magnifiquement, dans le Christ Jésus. » C’est à cette seule condition que nous serons des disciples du Christ, généreux et honnêtes, qui partagent avec les autres et surtout les pauvres, de tout cœur et avec compassion. Le Psalmiste nous indiquer ce chemin : « L’homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture… À pleines mains, il donne au pauvre ; à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire ».


Pour terminer ce partage, tout en vous souhait d’un bon week-end, écoutons le Pape François : « Je ne demande pas quel est ton péché, mon péché. Je demande s’il y a en toi une idole, s’il y a le seigneur de l’argent. Car lorsqu’il y a le péché il y a le Seigneur Dieu miséricordieux qui pardonne si tu vas vers Lui. Mais s’il y a un autre seigneur, le dieu argent, tu es un idolâtre, un corrompu : pas déjà un pécheur, mais un corrompu. Le noyau de la corruption est véritablement l’idolâtrie : avoir vendu son âme au dieu argent, au dieu pouvoir» (Homélie à Sainte-Marthe, le 09 novembre 2018)

Seigneur Jésus soit et demeure notre unique nécessaire pour que comme sainte Thérèse d’Avila nous puissions croire et professer à temps et à contre temps : « Dieu seul suffit… » Amen !


P Pierre Marie Chanel AFFOGNO
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