Le temps de Dieu, c’est l’aujourd’hui accueilli et vécu dans la foi

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Première lecture : He 3, 7-14

Psaume : Ps 94

Evangile : Mc 1, 40-45

Bien chers frères et sœurs, l’auteur de la lettre aux Hébreux invitait ses contemporains de jadis et nous aussi aujourd’hui à écouter la voix de Dieu. Chaque instant de chacune de nos journées vient à nous avec une volonté de Dieu, un appel, une invitation divine. Le livre de l’Apocalypse au chapitre 3, verset 20 écrit «  Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi ». Le désir ardent de Dieu est de toujours communiquer avec l’homme, sa créature privilégiée. Et c’est par la foi et dans la foi que nous entretenons cette relation avec Lui. L’auteur de cette lettre nous demande de maintenir fermement notre premier engagement à la suite du Christ jusqu’à la fin. Car si c’est le premier pas qui coûte, c’est par contre le dernier qui compte.

Au quotidien, nous nous laissons souvent happer par l’immédiat. Comme il nous est difficile d’habiter le présent sans nous y enfermer, par insouciance ou recherche du plaisir. Nous ne sommes pas très à l‘aise dans notre rapport au temps. Ou bien nous sommes plongés dans la nostalgie d’un passé idéalisé. Certains s’évertuent à le maintenir ou le reconstituer dans des formes ou des pratiques jadis connues. Ou bien nous sommes totalement investis dans des projets de réussite et d’épanouissement, alimentés par nos désirs et qui transforment notre existence en poursuite incessante d’un rêve impossible.

Chaque jour est une période propice pour apprendre à vivre un juste rapport au temps. C’est nécessaire pour notre foi. Accrochés à notre passé, enfermés dans le présent comme un éternel immédiat, ou réfugiés dans l’évanescence de nos rêves, nous sommes incapables de vivre une relation juste avec le Seigneur, comme avec les autres et avec nous-mêmes. Le Seigneur ne cesse de venir à notre rencontre. Mais ne nous trouve-t-il pas, la plupart du temps, aux abonnés absents ? Le temps de Dieu, c’est l’aujourd’hui. Affirmer cela n’est pas prétendre que Dieu nous emprisonne dans le présent, mais qu’Il nous invite à le vivre pleinement comme un « aujourd’hui » que le passé éclaire et permet de comprendre, et que l’avenir met en relief et rend signifiant.

Ce qui qualifie notre aujourd’hui, c’est le salut de Dieu mis à notre portée. Depuis que le Christ nous a rejoints et a consenti à donner sa vie pour nous, le salut de Dieu se conjugue au présent. Il nous est offert en permanence. C’est le moment propice de le redécouvrir. L’expérience de Zachée est une belle illustration de ce que nous sommes appelés à vivre. Jésus nous dit : « il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison » (Luc 19, 5) et « aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison » (Luc 19, 9).

Dieu voudrait faire entrer les hommes dans sa paix, dans sa « terre promise », dans sa propre intimité. C’est « l’œuvre » de Dieu, son travail quotidien.

Abbé Gervais Mariano AKAKPO

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