Chrétiens sans Christ

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Chers amis du groupe allégresse, pour mieux méditer la pointe de la Parole telle qu’évoquée dans la première lecture, je me permets de me référer à deux figures du Nouveau Testament : Siméon et Anne au jour de la présentation du Seigneur au temple.

A la vue de Jésus, Parole de Dieu, devenue chair, Siméon bénit et il annonce l’apocalypse, je veux dire : il annonce la révélation ! Siméon bénit Dieu, et il annonce une « lumière pour la révélation aux nations », il annonce ce salut dont il confesse que désormais il le voit en face ! Siméon bénit les parents de Jésus, et il annonce à Marie que « seront révélés les raisonnements de beaucoup de cœurs »… Qui dit accomplissement dit révélation, « apocalypse », c’est vrai, mais pas forcément la vision de saint Jean ! Qui dit accomplissement dit révélation, révélation de Dieu qui dépasse ce qu’on en attendait, et qui s’adresse à tous, et aussi révélation de mon cœur au Dieu qui s’y invite et qui vient m’y rencontrer.  

De cette rencontre, Jésus va remettre au jour l’histoire de ma vie, surtout mon état peccamineux. Mon péché avec qui j’avais fini par bien vivre, à force de m’imaginer le racheter par mes œuvres, il va à nouveau me sauter à la figure, mais c’est parce qu’ainsi il va m’être arraché. « Chute et résurrection », comme Siméon disait à Marie. On peut le dire autrement, pour nous qui sommes pratiquants… pratiquants comme Anne ! Anne dont le nom signifie la grâce ! Pourtant elle est là depuis toujours, et « nuit et jour », douze fois sept ans, perfection d’Israélite, veuve pourtant… Israël sans son époux, Israël servant Dieu sans Dieu, dans l’absence de celui qui donne sens… Nous y ressemblons aussi parfois, non ? Chrétiens sans Christ, faisant « ce que nous avons à faire » comme si ça voulait dire quelque chose. C’est la Loi, c’est l’attente. Avant Christ, c’était normal.Et Anne bascule. Dans la folie ? Non : en Christ, dans la confession de foi ! Elle change de place dans son monde : elle qui était « avancée en beaucoup de jours », désormais elle « survient à cette heure même ». Le temps n’a plus de valeur, ni le passé, ni l’avenir, ni la tradition, ni la pérennité, mais seule la radicale nouveauté. Or, celle-ci ne consiste pas en service religieux, mais en témoignage public. C’est ce que provoque la rencontre avec la Parole de Dieu. Une radicalité dans notre façon de faire et de vivre.

Abbé Gervais Mariano AKAKPO

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