Le pardon, un don à offrir et à recevoir

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Daniel 3, 25.34-43

Psaume 24 (25)

Matthieu 18, 21-25.

Frères et sœurs en Christ et en humanité,

Alors que les lectures d’hier orientaient notre méditation vers la foi, il sera essentiellement question, en ce jour, du pardon. Dans la première lecture, Azarias implore le pardon, la miséricorde du Seigneur, depuis le feu ardent où il fut jeté, pour tout le peuple d’Israël.

Dans l’évangile, la question relative au pardon, posée à Jésus par Simon Pierre, fait suite  à la péricope sur la manière de régler les différends avec son frère. Pierre voudrait savoir jusqu’à quand il devrait pardonner, en d’autres termes, la mesure de son pardon. À l’opposé de la question de Pierre, je vous propose une autre interrogation pour mieux comprendre la réponse de Jésus : pourquoi faut-il pardonner ?

Si le chrétien doit pardonner, c’est bien parce qu’il découvre l’amour de Dieu plus grand, plus fort que l’offense d’un tiers; il se sent aimé de Dieu. De plus, il reconnait qu’il peut lui aussi offenser son prochain. André Candiard nous dit aux pages 62 et 63 de son œuvre Quand tu étais sous le figuier : « Le miracle du pardon n’est pas qu’il fait disparaître l’offense ou qu’il nous permet de l’oublier, mais qu’il nous permet de la regarder sans souffrir : on la regarde comme protégé par une vitre, qui est le pardon. Impossible de repenser à l’offense sans penser en même temps au pardon… Toutefois, il ne faudrait pas oublier la vérité et l’humilité, les deux maîtres-mots du pardon. S’il manque l’un ou l’autre, le pardon devient impossible, ou ce qui est pire, faux ».

J’aimerais illustrer mes propos avec cette anecdote : « Il était une fois un jeune garçon en classe de CM1 que son maître priva de biscuits par malveillance, alors que les autres élèves en reçurent. Il voulait s’emporter quand il se souvint que dans l’armoire de son père, à la maison, se trouvait un carton de ce biscuit. Il garda son mal en patience car il savait que tout cela lui appartenait». C’est ainsi que face aux offenses du prochain, l’amour de Dieu doit nous transfigurer, nous porter à la retenue.

Si nous comprenons la nature du pardon, il n’est point question de s’interroger sur le nombre de fois qu’il faille pardonner ; et le pardon doit émaner du fond du cœur, nous dit Jésus.  Sans cela, nous subirons le traitement de ce serviteur de l’évangile. Le pardon est une grâce, et donc nous devons l’implorer du Seigneur.

Qu’il nous accorde de pardonner véritablement surtout à ceux que nous avons enfermés dans la prison de nos cœurs. Que son amour soit sur nous comme notre espoir est en lui !  Amen.

Père Espoir-Christophe KATO.

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