Ez 2, 2-5 / Ps 122 / 2Co 12, 7-10 / Mc 6, 1-6

L’histoire passée et contemporaine a vu se lever d’authentiques témoins de Dieu qui ont en commun, à vue d’homme, de ne pas être les mieux indiqués pour la mission qu’ils ont accomplie ou qu’ils accomplissent, vu leur rang social modeste ou leur vie des moins enviables.

L’obstacle majeur des contemporains de ces messagers de Dieu se trouve être la personnalité de l’envoyé, derrière qui ils n’arrivent pas à percevoir cette présence mystérieuse du divin. Ezéquiel, l’infime fils d’homme incapable même de se tenir debout ; Paul qui a dans sa chair une écharde, une faiblesse, un envoyé de Satan pour l’humilier ; le Christ lui-même dont les contemporains n’ignorent pas les origines peu glorieuses. Pour ainsi dire que c’est Dieu lui-même qui honore. C’est lui, en fait, qui élève et se révèle derrière les abaissements de ses serviteurs : « ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ».

Etre prophète donc, c’est se faire son porte-parole, sans parti-pris ni édulcoration complaisante du message au gré de l’auditoire. La vocation du prophète ou du chrétien, bien-aimés de Dieu, ce n’est autre chose que de se faire la bouche de Dieu en se gardant de sacrifier à l’autoréférence au risque de faire écran à Dieu. La tentation est grande de se prévaloir des révélations ou visions dont nous sommes gratifiées, de se surestimer, de croire que j’y arrive parce que j’ai effectué des jours de préparation et de jeûne en vue de l’événement… Voilà pourquoi et le messager et ses frères à qui il est envoyé ont du chemin à parcourir.

La Bonne-Nouvelle du salut de notre Dieu me rejoint dans sa vérité et requiert mon assentiment de foi pour pouvoir éclore dans ma vie et me guérir de l’intérieur. Mais pauvre de moi, je me rends compte que je suis un rebelle, un révolté, un aigri à cause des expériences décevantes vécues dans l’Eglise, sur ma paroisse, dans ma communauté religieuse, dans mon association. Je me rends à l’évidence que mon raisonnement vis-à-vis de mon prochain, de mon responsable, de mes supérieurs, de mon pasteur est purement humain voire disqualifiant. Trêve de désespoir et de découragement ! Le Seigneur te dit : « Ma grâce te suffit ». Maintenant que tu as pu identifier ton écharde – à chacun d’identifier la sienne – sublime-la dans la foi à force de contraintes, de persécutions, d’humiliation et de situations angoissantes pour retrouver le Seigneur derrière cette personne qui te parle…

P. Charles FOMA, Sévagan (Diocèse d’Aného)

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