Dt 6, 4-13; Ps 17; Jean 17, 14- 20

«Je vous le dis: si vous avez de la foi grosse comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne: ‘Transporte-toi d’ici jusque là-bas’, et elle se transportera».

La foi c’est une réalité qui n’a pas de sens. Du moins, pas pour notre intellect. C’est-à-dire qu’elle n’est pas saisissable par les sens physiques. Elle sort de l’ordre normal des choses et les faits qui sont vraiment raisonnables ne sont pas souvent des faits de foi. Il est clair que c’est quelque chose qui est au-dessus de nos forces et de notre entendement humain.

Sinon, comment peut-on transporter une montagne ? Encore moins avec une parole ? Peut-on imaginer cela un seul instant?  Eh bien, la réponse n’est pas dans une réponse verbale, ou dans une argumentation soutenue et un raisonnement cartésien, mais plutôt dans la façon d’être vis-à-vis de la pratique de l’amour de Dieu et du prochain. Et donc dans l’attitude à adopter, surtout dans les moments de difficulté.

Aussi, dans l’Evangile, l’attitude du père de cet enfant exprime-t- il son amour pour son fils. En cherchant une guérison totale, il fait appel à Jésus. Sa démarche est un vrai acte de foi. Il s’agenouille devant Jésus et l’implore directement avec la conviction intérieure que sa demande sera exaucée. La manière d’exprimer sa demande nous montre à la fois, l’acceptation de sa condition ainsi que la reconnaissance de la miséricorde de Celui qui peut avoir de la compassion pour les autres.

Aujourd’hui, encore, Jésus nous fait comprendre que ses miracles sont à la mesure de notre foi: (Mt 17,20). Il s’agit bien sûr de cette foi qui agit et qui ose. Franchement, des fois c’est parce que nous n’osons pas que les miracles ne se produisent pas. D’aucuns cherchent plutôt à voir les miracles avant de croire. Et malheureusement c’est cette façon de faire qui tend à se répandre de nos jours. Et on veut tout raisonner ; or il n’en est pas ainsi en matière de foi.

Le pape Benoit XVI, commentant la page évangélique de jean 6,68-69, lors de l’angélus du dimanche 26 août 2012, disait en effet : « Tandis que beaucoup de disciples « n’ont pas cru », les apôtres « ont cru ». Et en citant saint Augustin, il continue : « Pourquoi [Pierre] a-t-il compris ? Parce qu’il a cru. Il ne dit pas: nous avons connu et cru, mais nous avons cru et puis connu ». Ainsi, poursuit saint Augustin, il faut « croire » pour pouvoir « connaître » : celui qui veut « connaître avant de croire », ne réussit « ni à connaître ni à croire». Le Saint père concluait ainsi : « Le chrétien doit croire au mystère pour pouvoir le comprendre ».

C’est la meilleure attitude. Celle adoptée par la première ne chemin pour la foi. C’est pourquoi Benoît XVI invite à prier la Vierge Marie, afin qu’elle aide à « croire en Jésus, comme saint Pierre », et à être « toujours sincères avec Lui et avec tous ».

La parole de Dieu nous amène à réfléchir sur la qualité de notre foi et sur notre manière de l’approfondir et nous rappelle l’attitude de ce père de famille en s’approchant de Jésus pour l’implorer avec tout l’amour de son cœur. Oui la ¨Parole de Dieu donne vie et croissance à la foi, car  « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu. » (Rm 10,17). Dieu nous aide à adopter des attitudes véritables, et à poser des gestes concrets de foi !

Abbé Sylvestre Euloge AGBELEKPO, Vicaire à la quasi paroisse St Jean BOSCO (KANYIKOPE)

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