L’amour n’a pas de prix

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Les lectures de la semaine Sainte nous préparent à l’heure de Jésus, l’heure dramatique de la rencontre entre la liberté de Dieu qui se donne par amour et celle de ses créatures qui le condamneront à mort.  Les textes d’aujourd’hui en sont un exemple. Six jours avant la Pâque, dans cet épisode de Béthanie, Jésus veut par sa présence, par le repas fraternel qu’il va prendre avec ces amis, les préparer lui-même à sa passion. Alors qu’ils étaient à table, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux. Arrêtons-nous quelques instants sur ce geste d’amour de Marie. Il est loin d’être anodin. Il ne s’agit pas ici des larmes versées par une pécheresse pour pleurer ses fautes. Marie, la sœur de Marthe ne réalise pas la puissance de son geste. Elle a simplement suivi l’élan de son cœur. Pour Jésus, elle prépare son corps pour sa sépulture. Jésus prendra sa défense contre l’hypocrisie de Judas qui ne veut pas comprendre tout l’amour que Marie met dans ce geste prothétique. Il s’agit d’un soutien dont Jésus avait peut-être besoin.

Nous sommes dans une semaine dramatique pour Jésus qui, peut-être, continue de demander au Père : « S’il est possible que me soit éloignée cette coupe, mais pas comme moi je veux, mais comme toi, Tu veux ». Jésus se présente dans ces derniers jours comme un homme assez solitaire ; entrant et sortant de la ville, préoccupé par ce qui allait se passer dans les jours à suivre : un homme qui a besoin d’être soutenu ; le Père le soutient. Peut-être que Jésus s’est également souvenu du Psaume 26 que nous prions aujourd’hui : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur »

Jésus a trouvé en ses amis ce soutien et cette sécurité à Béthanie. Dieu merci, il y a des gens dans nos vies avec lesquels nous nous sentons en sécurité ; Ils nous aident à expérimenter que Dieu se soucie de nous et qu’avec eux rien de mal ne nous arrivera. Montrer réciproquement cette affection les uns envers les autres dans ces moments de solitudes, n’a pas de prix. Nous devons donc tous aller à Béthanie de temps en temps. Et encore plus quand « les choses semblent mauvaises ». Puissions-nous apprendre de Marie cette leçon de s’avoir poser des gestes d’amour envers Dieu et envers nos frères, quelque soit ce que cela va nous coûter et indépendamment des commentaires d’autrui.

Ne soyons pas indifférents aux douleurs de nos frères en ces jours de grande solitude. Ne laissons pas passer une seule occasion où Dieu se présente à nous comme le nécessiteux. En ces jours d’isolement et de confinement dû à la pandémie du Coronavirus, nous expérimentons sûrement d’autres nouvelles façons de chercher du soutien, de l’affection, de la proximité … Aujourd’hui, nous ne pouvons pas embrasser des amis ou visiter notre famille, ou partager un repas, un rire, ou une caresse, mais nous pouvons les toucher avec notre cœur. Dans cette semaine Sainte que Dieu nous donne de vivre, agissons gratuitement et sans mesure comme Marie envers Dieu et nos frères.

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