Je ne suis pas venu pour juger mais pour sauver les pécheurs

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Chers lecteurs d’Allégresse, la plupart des guérisons opérées par Jésus dans la Bible est liée à la démarche de foi des malades qui viennent vers Jésus et lui demandent la guérison. Il en est ainsi de la guérison de Bartimée à Jéricho (cf. Lc 18, 35-43) ; la guérison des dix lépreux aussi est liée à la démarche de foi de ces malades (cf. Lc 17, 11-19).

Dans l’évangile de ce jour, un lépreux sollicite la guérison de Jésus qui est descendu de la montagne après avoir longuement enseigné sur les béatitudes et sur la conduite humaine, morale et spirituelle du chrétien dans le monde. Il faut noter que la maladie de la lèpre est considérée comme une malédiction du péché. Tous les lépreux étaient exclus du peuple d’Israël ; ils ne sont plus considérés comme des hommes purs mais impurs ; ils ne doivent plus croisés la route des gens purs. C’est pour cela quand ils sortent dans la ville, ils doivent crier sur leur passage « impur, impur, impur » pour que les gens s’écartent de leur chemin. La vie des lépreux était une vie de mort, leur dignité humaine est diminuée ; les lépreux étaient moins que des hommes, ils étaient répugnants. Mais Jésus ne s’est pas senti mal à l’aise en croisant le chemin de ce lépreux qui vient à sa rencontre pour demander que la volonté divine soit faite : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »

En effet, la demande du lépreux rentre dans la droite ligne de la volonté de Dieu de sauver tout homme du péché. Dans la littérature biblique, le péché est assimilé à la lèpre et tout homme contracte cette lèpre par le péché originel. Nous tous sommes porteurs de la lèpre du péché. La volonté de Dieu est de nous purifier de cette lèpre ; c’est pour cela que Jésus est venu dans le monde en prenant notre chair humaine. Cette purification se passe dans le bain du baptême, dans les sacrements, par une prise de conscience de l’être pécheur que nous sommes et le désir d’être guéri du péché. La lèpre du péché est un virus plus virulent et plus fort que le coronavirus (Covid 19). Depuis le péché d’Adam et Eve, la lèpre du péché est entrée dans l’homme et détruit sa communion avec Dieu ; nous étions tous esclaves, exilés de Dieu et du paradis comme le roi Sédécias et son peuple forcer à partir en exil à Babylone sous Nabuchodonosor (cf. 1ère lecture du jour). Cette lèpre continue son opération surtout dans notre monde où on a tendance à ignorer son existence.

En effet, beaucoup de gens vivent aujourd’hui sans la conscience du péché ; pour le monde actuel, le péché n’existe plus véritablement ; la frontière entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre le permis et le défendu n’est plus visible. Pour preuve il y a beaucoup de divisions des opinions sur des sujets comme l’homosexualité, le mariage pour tous, la GPA (gestation pour autrui), sur l’installation de structures de péché comme la corruption, le détournement de fonds, la prostitution, le commerce de drogue, le blanchissement d’argent…. Pour certains il n’y a pas de péché dans tout ça puisque cela rentre dans l’épanouissement de l’être humain appelé à plus de liberté et de bonheur ; pour d’autres, la lèpre du péché a paralysé la liberté et la conscience humaines si bien que l’homme s’écarte du vrai chemin, le chemin de la sainteté. Pourtant les Saintes Écritures nous éclairent tous. La guérison du lépreux est liée au fait qu’il a pris conscience que son état n’est pas normal, et il est parti vers Jésus. Le médecin ne peut véritablement soigner un malade que quand celui-ci lui présente sa maladie. Il en est de même dans notre relation avec Dieu. C’est pour cela qu’il ne cesse de déverser des torrents de grâces dans son Eglise afin que les pécheurs viennent boire à la source de sa miséricorde divine. En fréquentant les sacrements surtout le sacrement de la réconciliation, Dieu nous purifie de tout péché et il nous rend purs ; notre chair devient comme celle d’un nouveau-né. Il n’y a aucun péché répugnant devant Dieu, aucun péché qu’il ne veuille pardonner. La fréquentation des sacrements nous obtient aussi la grâce de la lumière sur le péché, afin de le démasquer et l’éradiquer de nos vies et de nos sociétés.

Nous prions le Seigneur que nos églises rouvrent très bientôt leurs portes afin que les chrétiens puissent retrouver leur rythme régulier dans leur relation sacramentelle avec Dieu. Amen !

Père Thierry GUEFLI

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