Quel christianisme pour quel chrétien ?

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Chers amis,
Dans le sillage des textes du 22ème dimanche A, nous continuons de découvrir le changement de paradigme auquel nous convie la révélation chrétienne. Avec pour fer de lance Saint Paul, qui maîtrise bien son sujet. Lui le juif de naissance, familier de la culture gréco-romaine, connaissait bien les figures de réussite et bonheur conventionnels. Le bonheur rimant avec la puissance, l’honneur, la richesse…Les philosophies et les religions de l’époque ont d’ailleurs quelque peu validé cet état de fait.


Rien de cela avec le message et l’humilité du Christ, qui tranchent radicalement avec ce qui précède. Pas de puissance, pas de démonstration spectaculaire. Jésus lui-même a d’ailleurs souffert la comparaison : puisque nous le connaissons et que nous savons à qui le rattacher, c’est qu’il n’est certainement pas le Messie ! En oubliant le dicton « a beau mentir qui vient de loin ! ».


De fait, et Saint Paul le souligne à dessein, s’il s’agissait d’un message humain, l’on aurait pu se faciliter la tâche. En annonçant par exemple que Jésus est le fils biologique de Joseph. Cela aurait été tellement plus facile. En proclamant par exemple qu’il n’est pas mort sur la croix et que c’est quelqu’un d’autre qui s’est substitué à lui. Ou encore que mort, ses disciples ont récupéré et dissimulé son corps, introduisant par la même occasion la rumeur de sa résurrection. Ainsi de suite. Tout cela aurait été plus simple, voire plus crédible. Mais cela est-il la vérité ?


La fin de l’Évangile est fort éloquente : ignorant le vacarme et l’agitation autour de lui, Jésus, passait son chemin.
Souvent, c’est l’attitude qu’il nous faut adopter. Nous ne sommes pas là pour convaincre les hommes, au moyen d’arguments qu’ils estiment recevables. Nous sommes là pour rendre témoignage à la vérité. Par nos paroles, bien entendu, mais aussi par nos actes. Sur ce dernier aspect, le psaume responsorial dresse un portrait limpide. Voilà le moyen par lequel nous nous rendons crédibles. Si notre vie n’est pas différente de celle de nos contemporains, comment peut-elle les interpeller, voire constituer pour eux un repère ?


Pour finir, je propose que chacun pour sa part s’interroge sur ces questions qui suivent, fondamentales dans le cadre de notre foi :
Quel christianisme voulons-nous ? Celui du mysticisme et de la mystification ? Celui du magique et de la puissance ? Est-ce cela le christianisme ? Vraiment ? Quel christianisme suivons-nous au juste? Celui où on croit comme tout le monde, oubliant ce qui fait notre spécificité ?


N’oublions jamais, choisir, c’est exclure. Cela implique de tourner le dos à quelque chose. Assurons bien de choisir Jésus-Christ, et non une fausse image de lui.

P. Joseph LABA.

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