Oser l’unité

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Chers amis,

Nous réfléchissions précédemment au sujet de l’esprit qui nous habite, et de ce à quoi il nous engage. L’Esprit de Dieu, avions-nous dit, nous permet de nous rapprocher de lui et les uns des autres. Mais un autre esprit nous anime bien souvent : celui de la défiance vis-à-vis des autres voire de Dieu, au point que Saint Paul a pu s’écrier : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » Les divisions existent donc bel et bien dans notre monde, c’est là un secret de polichinelle. Mais plus regrettable, elles ont pignon sur rue dans notre Église, supposée être un corps unique animé par la communion en Jésus-Christ. La chose ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui, comme en témoigne la Première lecture.

Voilà pourtant l’un des pires contre-témoignages du message chrétien, message de l’amour de Dieu et du prochain. En effet, quoi de pire contre l’amour que de mettre des différences et des murs d’exclusion entre les hommes, y compris sous le vocable de rassemblements de ressortissants de tel ou tel lieux, de disciples de telle personne etc. ? Toute fraternité humaine qui est exclusive est dangereuse et flirte avec l’antichristianisme. En effet, et le psaume responsorial l’affirme avec clarté, c’est un peuple que le Seigneur s’est choisi. C’est une nation qu’il s’est destinée, non pas des individus mais un peuple ! Nous participons les uns des autres, nous sommes les frères et les gardiens les uns des autres !

L’exemple concret nous en est fourni par Jésus dans l’Évangile : la guérison, le bien, il les prodigue à tous, sans distinction : à la belle-mère de son apôtre, à tous ceux qui lui apportent leurs malades, et même à ceux que désormais il veut lui-même aller rejoindre, et dont il affirme : « Aux autres villes aussi il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle, car c’est pour cela que j’ai été envoyé ». Quelle est donc cette bonne nouvelle, sinon que nous avons tous du prix aux yeux de Dieu et que nous sommes la famille qu’il chérit !

Voilà qui devrait motiver une relecture de la notion d’Eglise Famille de Dieu en Afrique. Voilà également qui devrait nous interroger sur notre capacité d’unité, notre sentiment national. Tant que chacun campera sur ce qui le distingue des autres et le garde à part, tant que nous ne saurons pas nous mettre ensemble pour travailler à notre avenir commun, notre essor demeurera une lointaine chimère. Aucune grande nation, l’histoire en attestera, ne s’est construite sans l’expression de ce « Nous », si cher au psaume : Nous attendons notre vie du Seigneur, il est pour nous un appui, un bouclier. La joie de notre cœur vient de lui, notre confiance est dans son Nom Très-Saint. Seigneur ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ». Confiance intrépide en Dieu, unité indivisible, voilà donc la leçon.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à être ce que nous sommes à l’origine : les enfants d’un même Père. Osons grandir, osons aller à la rencontre des autres, osons l’empathie, osons l’unité ! Car c’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres que l’on nous reconnaîtra comme disciples du Christ.

P. Joseph LABA, Aumônerie de l’UCAO / UUT

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