Grands, mais humbles…

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Chers amis,

Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que ceux des autres jeûnent, demandaient encore hier les pharisiens à Jésus. La question n’est pas bien différente aujourd’hui : Pourquoi tes disciples font-ils cela le jour du Sabbat ? Le fait est que Jésus, en bon pédagogue, sait ouvrir la soupape de sécurité. Il sait que les disciples, à sa suite, ont tout quitté : père, mère, frères, enfants…Ils l’ont fait parce qu’ils ont choisi Jésus comme compagnon ultime de vie et source définitive de bonheur. Tant que Jésus est là, ils ne peuvent donc pas jeûner, et il est plus que normal qu’ils laissent éclater leur bonheur !

Mais n’oublions pas que quelques moments auparavant, ils n’étaient que des pêcheurs quelconques et surtout, qu’ils ont passé une nuit entière à jeter en vain leurs filets ! Sans Jésus, ils n’auraient été rien ni personne, et maintenant qu’ils osent affronter voire défier l’autorité juive – violer le repos du Sabbat était ainsi perçu à l’époque – ils doivent s’en souvenir encore plus !

La liturgie de ce jour nous donne donc deux leçons essentielles : toute vraie autorité vient de Dieu. Et parce qu’elle est reçue, elle doit rester humble. C’est là tout le propos de Saint Paul aux Corinthiens dans la première lecture d’aujourd’hui : « Qu’aucun d’entre vous n’aille se gonfler d’orgueil…as-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

Une troisième leçon s’offre à nous : exercer l’autorité consiste, en référence au sens étymologique du mot, à augmenter la capacité des autres. Ainsi, les apôtres que le Christ a institués « diminuent » pour que leurs fidèles « augmentent ». En effet, lui même riche de tout, qui s’est fait pauvre pour nous enrichir. « Nous, nous sommes fous à cause du Christ affirme Paul, vous, vous êtes raisonnables dans le Christ, nous sommes faibles et vous êtes forts, vous êtes à l’honneur et nous sommes dans le mépris ». Toute vraie autorité sait se dessaisir de sa puissance pour la croissance des plus faibles.

Une quatrième leçon apparaît alors :  une autorité ne rechigne pas à se mouiller, à travailler : « Nous travaillons péniblement de nos mains » indique Saint Paul. L’autorité ne consiste pas à renoncer à l’effort commun, mais à donner l’exemple. Le chef, c’est celui qui reste à la tête de ses sujets, prêt à souffrir et à offrir le premier sa vie pour eux. Il ne se sucre pas sur leur dos.

Enfin, et ce sera la cinquième leçon que je vous propose, le détenteur de l’autorité doit savoir garder de la hauteur et prodiguer le bien, quoi qu’il arrive. Comme disait le psaume médité hier, il doit attendre son salut de Dieu et s’atteler à ne dire et faire que le bien. Il doit absolument être étranger aux bas sentiments et au mal : « On nous insulte dit l’apôtre, nous bénissons. On nous persécute, nous le supportons. On nous calomnie, nous réconfortons ».

Chers amis, nous aussi, en Jésus nous sommes quelqu’un ! Nous avons du prix aux yeux de Dieu ! Quel motif de joie ! Nous sommes les maîtres du monde ! Maître du monde certes, mais pas à la manière du monde. Rappelons-nous la parole de notre Maître : « Les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir ! Parmi vous il ne doit pas en être ainsi. Que celui qui veut être le premier soit le Serviteur de tous ! »

P. Joseph LABA, Aumônerie de l’UCAO / UUT

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