Qui n’aime pas l’argent

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29 dimanche du Temps Ordinaire/ Année A
Références : 1ere lecture : Is 45,1.4-6a              
Ps 95                
2e lecture : 1Th1-5b
Evangile : Mt 22,15-21

Dieu n’est pas compliqué. Eh oui heureusement! Il donne à chacun ce qu’il lui faut et comme il le lui faut, selon ses actions. C’est de la justice. Les textes des trois derniers dimanches nous en disent long.

Il en va de même pour l’amour. Et effectivement, l’amour est amour si et seulement si, il est empreint de justice. Donc, pour qu’un amour soit vrai et sincère, il faut qu’il soit juste, sans préjugés. Autrement dit, ce qui revient ou appartient à chacun ne doit souffrir d’aucune forme d’ambiguïté. C’est concrètement ce à quoi les textes de ce dimanche nous invitent, en l’occurrence l’Evangile : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».(Mt 22,21).

Toutefois, l’erreur à ne pas commettre ici est de chercher à prendre l’un et à laisser l’autre, c’est-a-dire à prétendre :   Je suis trop occupé par le travail et ses connexes, que je n’ai pas le temps pour Dieu  ou bien moi je suis serviteur de Dieu et je ne dois plus rien faire du tout. Il s’agit plutôt de faire l’équilibre à adopter vis-à-vis des choses éternelles dont Dieu est le symbole, et celles temporelles résumé par l’argent, ici représentées par César. Par ailleurs, c’est l’effigie de ce dernier, encore faut-il le rappeler, que porte la pièce d’argent présentée à Jésus.

L’argent ! De fait, il est le signe plus que parfait du temporel, de l’injustice des divisions… c’est bref, le nerf de la guerre.  Il a le parfum de la domination ou du service, ou mieux, de l’esclavage. Il sent la sueur, et parfois le sang. Il est toujours plus que matérialiste. Cependant, l’Evangile du jour concerne moins l’argent pris isolément, que la signification qu’il porte. Origène, dans Catena aurea dira : «  Nous avons à donner certaines choses au corps, un tribut à César comme c’est la cas ; c’est-à-dire ce qui est nécessaire. Mais les choses qui ont trait à la nature de nos âmes, à savoir celles qui mènent à la vertu, il faut les offrir à Dieu».

C’est pourquoi il faut rappeler qu’il ne doit pas dominer l’homme, ni le détourner de son identité et de son objectif sur terre. Mais il doit être pour lui, l’un des nombreux moyens pouvant l’aider à se procurer le nécessaire, afin de parvenir à la perfection. En effet, contrairement à ce que le monde veut nous faire croire de nos jours, le seul et vrai dominateur et le seul être suprême c’est Dieu, ainsi que nous le rappelle la première lecture : « Je suis le Seigneur, il n’ y en a pas d’autre , en dehors de moi il n’y a pas de Dieu…Pour que l’on sache, de l’Orient à l’Occident il n’y a rien en dehors de moi » . Point n’est besoin donc de faire de l’argent, et du pouvoir qu’il confère, un absolu ; car il détourne du vrai chemin de Dieu (Evangile), empêche la foi d’être vraiment  active, affaiblit l’élan de la charité et de l’espérance (2e lecture).

Qui n’a pas besoin d’argent ? Qui n’a pas besoin de Dieu ? En empruntant tour à tour les mots de la prière d’ouverture et celle sur les offrandes, demandons au Seigneur, la grâce d’un cœur sans partage dans son service, en toute liberté d’esprit, en nous conformant à sa volonté. Nous sommes à son image, il ne nous abandonnera jamais, mais il nous donnera toujours le nécessaire pour mieux le servir ici-bas et le rejoindre un jour dans sa gloire. Amen.


Abbé Sylvestre Euloge AGBELEKPO FIADZE, Formateur au Petit Séminaire Saint Pie X (Agoènyivé)

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