Désirons la visite de Dieu chez nous

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Hier comme aujourd’hui, la Vierge Marie et le désiré des cœurs retiennent l’attention à travers les textes proposés. Tout se passe d’une part comme une histoire d’amour entre un prince et sa fiancée, histoire au cours de laquelle la fiancée se pare pour accueillir son époux. Il se fait que cette joie de la fiancée concerne la terre entière et c’est la joie que Dieu procure à Elisabeth à travers la visitation : c’est la joie du mystère de l’incarnation.

La dimension mystique de l’Alliance

Le livre du cantique des cantiques célèbre l’amour sponsal dont Dieu a gratifié le peuple d’Israël, la manière dont il l’a aimé et la réponse d’amour qu’il attend de son peuple. C’est la thématique fondamentale de l’Alliance que notifia le prophète Isaïe : « Car ton époux, c’est Celui qui t’a faite, son nom est le Seigneur de l’univers ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël, il s’appelle Dieu de toute la terre » (Is 54,5). La bien-aimée est Israël, le bien aimé est Dieu. Les croyants appelés ‘’ reste de Sion’’  ou la petite minorité de croyants espérant la réalisation de la promesse de Yahvé et gardant la flamme de l’attente du messie symbolise aussi la bien-aimée. Dans une perspective chrétienne, la vierge Marie tendue vers Dieu représente également cette bien-aimée ( la servante du Seigneur ) qui attend le bien-aimée comme Sauveur: « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! » (So 3,14). Ce mouvement de la venue du bien-aimé peut traduire aussi les sensations intérieures de la Vierge enceinte et peut être une relecture spirituelle et mystique de l’assurance qui anime les craignants–Dieu : « La voix de mon bien-aimé ! C’est lui, il vient. Il bondit sur les montagnes, il court sur les collines, mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche. Le voici, c’est lui qui se tient derrière notre mur : il regarde aux fenêtres, guette par le treillage ». En fait, la visite du Seigneur dans son peuple se passe réellement comme une déclaration d’amour entre l’Aimant ; Dieu) et l’aimée entendue le peuple de l’Alliance. Elle traduit les assurances intérieures que Dieu chuchote et dépose dans le cœur de la Vierge Marie pour cette aventure inattendue et redoutable : « Il parle, mon bien-aimé, il me dit : Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens …Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies. Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre. Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, que je voie ton visage, que j’entende ta voix ! Ta voix est douce et ton visage, charmant. ». En outre, les distances parcourues par la Vierge Marie pour visiter et apporter la joie de l’annonciation à sa cousine Elisabeth : «. En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée »  réalisent aussi la visite et les pas montagnards du bien-aimé, le désiré des cœurs.

La joie d’Elisabeth et l’exultation de Jean

Sous l’effet de l’Esprit Saint, Elisabeth prophétisa. Elle reconnut dès le sein virginal la particularité de fruit que porte la servante du Seigneur : «. Le fruit de tes entrailles est béni ». De cette rencontre, c’est le Ciel entendu le Tout Autre qui visite la terre et la féconde. La joie d’Elisabeth est la joie de ceux et celles qui sont exaucés-es en Dieu ainsi que toute leur maison : «…l’enfant a tressailli d’allégresse en moi…». S’agit-il d’un baptême spirituel ? Toutefois, cette visite réalise une longue attente comme le chante le psaume 32(33) ,20-21 : « Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. La joie de notre cœur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint.».

Frères et Sœurs, le Messie que nous nous préparons à commémorer vient communiquer la vie de Dieu. Désirons sa présence, invitons le chez nous et marchons avec Lui. C’est le temps de la miséricorde.

Proposée par l’Abbé Jean Baptiste Komlan LABADEH, (Clergé diocésain de Lomé)

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