Nous avons reçu grâce après grâce…’’

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C’est Noël aujourd’hui. Le christianisme, victorieux du paganisme ambiant de l’occident antique, fit du Soleil naissant au 25 décembre au solstice d’hiver, moment où les jours allongent de nouveau, la naissance symbolique du Vrai Soleil, Jésus-Christ, l’Astre d’en Haut, selon Zacharie. Le Soleil nouveau annonce un temps de paix et de maturation spirituelle, dessein éternel de Dieu pour les hommes malgré les soubresauts de l’histoire. C’est la paix symbolique pour le monde par Israël, c’est la liberté et l’autonomie pour chaque peuple dans le respect réciproque : c’est l’époque qu’entrevoit le temps christique par l’éducation : « A ceux qui l’ont reçu, il a donné de devenir enfants de Dieu, ceux qui croient en son nom…».

La paix pour Israël.

Shalom, paix au sens de sécurité et prospérité est liée à la liberté dans l’autonomie sur la terre promise. Cette vocation identitaire est un rêve fragile toujours menacé à tout moment. Avoir pour capitale, Jérusalem en dit long et en rappelle constamment. Le passage d’Isaïe entrevoit le service cultuel que rendraient les revenus de l’exil de Babylone dans le temple reconstruit. Il est le prophète qui console en temps de désespoir, il appelle à l’Esperance. Il rappelle l’Alliance qui oblige Yahvé à être fidèle, il suffit que son peuple reconnaisse son péché : la désobéissance. Nous résumons : après les temps d’épreuves que Yahvé a transformés en temps de correction et de purification, vous reviendrez sur votre terre, vous qui prenez conscience, vous qui vous rappelez l’Alliance et la gardez. : «Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. ».La paix est une construction de toute la vie. Israël eut la leçon et la perspective du prophète Nahum éclaira mieux. Le prophète affirme que Juda va retrouver la paix et que les Israélites du nord (royaume de Jacob-Israël) seront restaurés. Il va un peu vite, et l’histoire ne lui donnera pas raison, mais il est vrai que Juda à lui seul a repris en mains le destin du peuple de Dieu. (Na 2,3).

Noël, c’est atteindre la Vie de Dieu

Pour saint Jean, l’humanité a atteint son âge d’or avec l’incarnation de Dieu en l’homme Jésus pour la simple qu’il accomplit la vocation filiale  à l’obéissance qui contribue au bonheur de  Dieu pour l’homme. Cet âge d’or, non pas le New Âge, est le salut définitif ou la maturité spirituelle obtenue et communiquée à l’humanité. En cela, saint Jean voit dans l’évènement Jésus, une recréation : « Au commencement était le Verbe… ». Participer à cette Vie, c’est reconnaitre Jésus comme celui qui accomplit la volonté de Dieu, comme son Fils et croire en son Enseignement, chemin, vérité et vie. : «Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu ». Ceux qui font ce pas, comme Marie, Joseph, Zacharie, Elisabeth, le vieux Siméon, Anne la prophétesse, les premiers Apôtres et les chrétiens de tous les temps, étaient des personnes en recherchent du chemin vers Dieu ou en recherche de son Visage qu’ils estiment avoir trouvé en l’homme-Jésus : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. ». Et ayant fait ce pas de sortie de soi-même vers Jésus, ils ont « eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » car la voie parfaite tant cherchée s’est illuminée à leurs yeux : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître». C’est une dimension hautement mystique, effusion de l’Amour de Dieu.

Noël, c’est rencontrer le parfait médiateur entre Dieu et les hommes.

L’auteur de la lettre aux Hébreux présente lui aussi à sa communauté de croyants comment Jésus est le vrai et le définitif médiateur entre Israël et Yahvé à la suite des prophètes précurseurs. C’est être convaincus de cette réalité que tous les peuples à la surface de la terre deviennent chrétiens et renoncent aux formes imparfaites de la religion de leurs espaces cultuels et des pratiques cultuelles : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante…. ». Par conséquent, la résilience du christianisme à la surface de la terre malgré les persécutions suppose que  « la terre tout entière a vu le salut que Dieu nous donne ».(Ps 97 (98)).

Venons à la lumière

Célébrer Noël, c’est rentrer dans la perspective de la paix, la non-violence, le pardon, la miséricorde et la réconciliation ce que traduit Isaïe à travers ces lignes : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. : » (Is 11,6-9). C’est d’ailleurs l’image qui inspira le décor de la crèche. Célébrer Noël, c’est reconnaitre que la Vie de Dieu est possible partout, Bethléem, petit bourgade jadis oubliée peut retrouver sa splendeur d’antan. Perpétuer Noël, c’est inviter l’humanité à rentrer dans l’ère de paix qui se donne gratuitement : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » car effectivement la Vie s’est manifestée en Jésus-Christ. Saint Paul nous le redit : « Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. ». Paix sur toutes les terres et partout. Joyeux Noel même covidiaire, joyeux Noël.  Amen… / 

Proposée par l’Abbé Jean Baptiste LABADEH (Clergé diocésain de Lomé)

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