Les fruits du pardon sont insondables

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Au lendemain du blanc annonçant la joie du mystère de l’incarnation, nous portons le rouge pour célébrer un martyr au cœur de la joie naissante.
Ce contraste rappelle une réalité déconcertante inhérente à l’événement Jésus : surprenant, rejeté ou accepté. Et comme la foi est une adhésion entière de l’être, cette caractéristique suit le croyant en bonheur et malheur.

Martyr comme le Maître

C’est notable dans les Actes des Apôtres. Au moment où il allait succomber à la lapidation, il dit:« Seigneur Jésus, reçois mon esprit. Puis se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte: Seigneur, ne leur compte pas ce péché».
On y voit qu’il dit quasiment comme son Maître Jésus-Christ quand il allait rendre l’âme sur la croix. De toutes les façons, la défense du monothéisme et l’incompréhension de l’Enseignement de Jésus à ses débuts ont fait déclenché cette persécution anti disciples de Jésus. Les persécuteurs et les persécutés étaient des frères de la même espace culturelle et quasiment des mêmes praxis cultuels. C’était en l’occurrence devant Saul, le bientôt Paul comme Jésus par Pilate qu’Etienne subit la lapidation de la part de ses frères. Et Jésus en Maitre-frère et véridique l’avait prédit dans l’évangile.
Etienne a ressemblé à son Maître dans le martyr, il rendit un témoignage publique, sans honte, sans résignation. Il ne l’avait pas non plus cherché pour se donner l’image d’un héros hardi et imprudent. Cela le Maître qui avait exhorté à la candeur comme la colombe et à la prudence comme le serpent ne l’attendait guère de ses adeptes. Mais la mort d’Étienne a t’il déclenché quelque chose en Saul pour sa prochaine conversion étant donné qu’il fut témoin auculaire du trépas de sa victime ?

Faites ce qu’il vous dira !

C’est ce que la Vierge dit aux serviteurs des noces de cana après avoir demandé à son Fils d’anticiper le signe de la croix : « Il n’ont plus de vin» dit-elle à Jésus. « Imma, mali walak? » Lui rétorqua Jésus c’est-à-dire « Femme ou Mère, que me veux-tu? Pourquoi cette intrusion dans ce projet douloureux qui a son heure? Pourrait-on étendre. Mais rappelons-nous que l’Évangile est une méditation post pascale id es témoignage du souvenir de la vie et enseignements de Jésus grâce à la triple fonctions pneumatologique, illuminative et sanctificatrice de l’Esprit Saint reçu en plénitude à la Pentecôte. Alors pourquoi cette intrusion de Marie dès le début ou pourquoi surtout cette inspiration formulée en cette circonstance de la part de sa mère Marie?
Le  » faites ce qu’Il vous dira  » intéresse en tout cas. La théologienne Thérèse Nadeau Lacour soulignait que cette parole de la Vierge aux serviteurs est le résumé de l’enseignement de Jésus-Christ. Aussi nous aide t-elle par sa maternité divine et sa vie toute tournée vers Dieu;  » je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit faite selon ta parole  » à incarner Jésus-Christ à travers nos agirs. Lui-même ne cessait de le dire:  » mettez en pratique ce que vous écoutez  », montrant implicitement par là toute sa vie dont les dires sont en adéquation avec les faits. Elisabeth soulignera cette pratique de la Parole dans la vie de la Vierge Marie. Et Jésus de même quand il élargissait sa parenté :  » ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent ma Parole et la mettent en pratique… ». Étienne en reprenant quelque peu les derniers propos de son Maître a montré qu’il a écouté la Parole et l’a mise en pratique. Il ne pourra que recevoir la couronne de gloire qui ne se flétrit pas. D’ailleurs Étienne veut dire  » couronne  ». Nous pensons aux centuples des béatitudes ou des œuvres de miséricorde :  » heureux ou venez les bénis de mon Père… » pour avoir cherché à ressembler au Père en mettant en pratique sa Parole.

Je me re-situe…

Quelle est mon option en tant que disciple du Christ ? Qu’est-ce qui me motive à le suivre ?Mes convictions sont-elles les siennes ? Pour moi que veut dire mettre en pratique la Parole ?
Quoiqu’il en soit, si je sens en moi les vertus théologales, je pratique au nom de l’idéal de l’Évangile les œuvres de miséricorde comme valeurs d’un monde nouveau et d’une terre nouvelle, heureux suis-je déjà car les béatitudes s’incarnent en moi. Je suis dès lors un martyr car je fais place à la splendeur de la beauté de la Parole de Dieu s’incarner en moi et par moi comme disciple. Par ce fait je meurs à l’orgueil en moi. Un jeune colombien assista douloureusement au meutre de son père n’avoir pu rien faire. Le bourreau par la suite, pensait toujours que l’enfant vengerait le meutre. Chaque fois que le jeune homme le croise dans la rue, le meurtrier, il s’attend à la réplique. Mais le jeune le dépasse toujours sans mot dire. Par la suite, il rentra au séminaire et son évêque l’envoya en France pour les études. Même , durant ses vacances, ils se rencontrent et le jeune homme n’a jamais vengé son père. C’est fort. Mais les bourreaux n’ont-ils pas une âme ? Si oui, il se passe en eux par le silence de la victime, l’effet de la hantise de Hérode : c’est le syndrome de la conscience jugée, accablée, troublée et jugeante par la force du silence.

Que le martyr de Saint Etienne nous aide nous repositionner sans cesse par rapport à la Parole de vie et à son témoignage qui en résulte. Commence simplement et fait ce que tu peux. La récompense sera la somme de mes efforts que le Maître me capitalisera à ma grande et heureuse surprise. Alors faisons nos placements spirituels. Il y aura des taux de valeurs ajoutées : TVA.

Proposée par l’Abbé Jean Baptiste LABADEH, ( clergé diocésain de Lomé)

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