Je suis content du bonheur de mon frère

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1Jn 5, 14-21 / Ps 149 / Jn 3, 22-30

    « Lui, il faut qu’il grandisse, et moi, que je diminue » (Jn 3, 30). Cette affirmation du Précurseur est vraiment émouvante. Seul un homme de valeur, un grand homme peut parler ainsi. Consentir à la mort à moi-même, faire taire mes sentiments égoïstes pour laisser évoluer mon frère. Jean-Baptiste avait toutes les possibilités pour ravir la vedette au Christ et s’autoproclamer Messie. Mais cette supercherie aurait marché pendant combien de temps ? Cette éphémère et vaine gloire aurait duré pendant combien de temps avant que le peuple ne découvre le pot aux roses ? Et lui-même, comment se sentira-t-il dans le “rôle’’ qu’il jouerait ? Pourra-t-il se regarder en face devant un miroir ou vivra-t-il indéfiniment au service du mensonge 

    Dans nos milieux, beaucoup ont peur de partager leur bonheur de peur d’être la cible d’un “mauvais œil’’. Tu as eu une promotion ? Tu as eu une ouverture sur l’Occident ? Ta situation s’est améliorée ? Motus, bouche cousue ; n’en dit pas un mot de peur que… Combien sommes-nous à refuser d’aller au village par peur ? Et si seulement la mentalité pouvait évoluer, nous permettant de nous engager résolument sur le chemin de la concurrence positive…

    J’ai beau torpillé l’avancement de mon frère ; j’ai beau le faire sauter de sa place ; j’ai beau usurpé même son identité… un homme ne peut rien s’attribuer sauf ce qu’il a reçu du Ciel. Si à cause de moi, les autres ne peuvent pas être heureux de la vie que Dieu leur a donnée, il y a problème. Lorsque la volonté de puissance, le goût des grandeurs et la jalousie se donnent rendez-vous dans un cœur, le crime ne tardera pas à guider les mains. Adresse-toi au Ciel et le Ciel t’exaucera pourvu que ta demande s’accorde avec sa sainte volonté.

    P. Charles FOMA, vicaire à Sévagan (Diocèse d’Aného)

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