Partager la condition de ceux qu’on veut sauver

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Chers amis de l’allégresse, la première lecture de ce mercredi de la première semaine du temps ordinaire, me fait penser à l’épisode de cet homme battu par les bandits rapporté sous la plume de saint Luc (cf. Lc 10, 30-37). La situation de cet homme agonisant est similaire à celle de l’homme affecté par le péché et ses conséquences. En effet, tout comme les coups des bandits portés à cet homme l’ont blessé, c’est ainsi que nous sommes sans vie chaque fois que nous faisons l’expérience du péché. Alors afin de nous sauver, Jésus partage notre condition mortelle. Il ne fait de sélection. Il ne choisit pas une partie de nous pour laisser une autre. Il vient sauver tout l’homme. Or dans la mentalité juive, le prêtre tout comme le lévi ne doit pas se souiller avec le sang, symbole de l’impureté. Le prêtre ne doit pas faire la compagnie des parias, des pécheurs. Il doit être à l’écart, à l’abri des péchés. Il est séparé du commun des mortels. J’aurais pu choisir un autre cas dans les évangiles mais l’épisode évoqué ici me parait plus expressif et plus concordant à la réalité que véhicule la première lecture. Le prêtre est là pour le sacrifice et afin que le sacrifice monte vers Dieu, il lui faudrait baigner dans une ambiance de pureté. Et c’est pour cela que ni le prêtre ni le lévi ne s’est approché de l’homme rouillé de coups. L’évangile va jusqu’à préciser qu’ils étaient passés de l’autre côté de l’homme. Comme pour dire, qu’ils ne voulaient même pas le voir.

Avec Jésus, nous découvrons le prêtre dans une nouvelle vision. Il est appelé à porter la situation des autres hommes et femmes avec eux. Il fera preuve d’empathie. Pour reprendre, les mots de l’apôtre des nations, le prêtre se fera tout à tous dans l’intention d’en gagner un plus grand nombre à Dieu.

Se faire tout à tous comporte bien d’exigences. Le Concile Vatican II affirme «  Les prêtres, pris du milieu des hommes, vivent avec les autres hommes, comme des frères. C’est ce qu’a fait le Seigneur Jésus… D’une certaine manière, ils sont mis à part au sein du peuple de Dieu, mais ce n’est pas pour être séparés de ce peuple, ni d’aucun homme quel qu’il soit. Ils ne pourraient pas être ministres du Christ s’ils n’étaient pas les témoins et dispensateurs d’une vie autre que la vie des hommes s’ils restaient étrangers à leur existence et à leurs conditions de vie » ( P.O 3).

En parlant des intendants des mystères de Dieu, chaque être humain au nom de la solidarité humaine, devrait arriver à porter la souffrance et la misère des autres. Dans l’encyclique fratelli tutti, sur la fraternité et l’amitié sociale, le Pape François a évoqué la figure du bienheureux Charles de Foucauld qui a désiré être le « frère universel » et il a même demandé à un ami de prier pour lui afin qu’il soit vraiment le frère de toutes les âmes. Faisons nôtre cette intention.

Abbé Gervais Mariano AKAKPO

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