Une promesse a été laissée d’entrer dans le repos de Dieu. Peut-il en être de plus grande ?

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Première lecture : He 4, 1-5. 11

Psaume : Ps 77

Evangile : Mc 2, 1-12

Dieu dit : « Mon repos ». Le repos de Dieu, ce n’est pas simplement un repos que Dieu donne, si précieuse que soit cette pensée à elle seule, mais c’est le repos dont Il jouit lui-même. Au lieu que son repos, comme sa gloire, sa justice, sa sainteté, lui appartient en propre et concourt à composer l’infinie béatitude du Dieu bienheureux ; Il nous donne dans sa grâce le repos de la conscience dont nous avions besoin comme pécheurs, Il veut faire éprouver aux siens le repos du cœur, mais son repos est autre chose encore. La merveille est qu’Il ait voulu introduire des hommes, non seulement dans un repos donné par Lui et propre à les satisfaire, mais dans son repos à Lui. Il faut qu’ils soient formés à cela, rendus capables d’en jouir comme Lui-même, donc qu’ils possèdent Sa nature, ayant reçu de Lui non pas seulement une respiration de vie, mais la vie même, par son Esprit. La nature pécheresse est aussi étrangère que réfractaire au repos de Dieu. Elle ne saurait y être admise, et il lui serait insupportable.

Le croyant a devant lui ce bonheur infini du ciel. Loin d’être une contemplation stérile, une telle espérance est pour lui une source d’activité, de force et de sanctification. Mais, comme toujours, la foi étant « l’assurance des choses qu’on espère », le nouvel homme se réjouit déjà dans ce repos de Dieu. Il en connaît quelque chose dès maintenant. L’espérance à la fois le fait soupirer et le transporte de joie, parce qu’il a les « prémices de l’Esprit ».

Aussi est-il dit : « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » et : « Appliquons-nous à entrer dans ce repos-là », sans qu’un temps soit assigné. L’entrée effective est future, mais la foi la devance. D’autre part, il ne suffirait pas de dire : J’ai cru une fois pour toutes, et un jour j’entrerai… La foi, qui embrasse l’avenir, ne parle pas d’elle simplement au passé, mais de façon actuelle. Le « nous avons cru » entraîne le « appliquons-nous ». Il faut « retenir ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance » pour garder la certitude d’arriver au repos, comme Christ notre précurseur, chef et consommateur de la foi. L’âme ne peut parler de cette espérance, « ancre de l’âme, sûre et ferme, et qui entre jusqu’au dedans du voile », si les yeux ne sont pas fixés sur Celui qui est entré là.

Les Israélites avaient été « évangélisés », et nous l’avons été comme eux. La promesse d’entrer dans le repos, maintenue malgré les défaillances répétées de l’homme et proposée sous des formes diverses dans toutes les dispensations, l’est présentement sous la forme de l’Évangile chrétien. Jésus est « l’apôtre de notre confession ». Si nous avons cru, et pas seulement entendu, comme les Israélites qui entendirent la Parole mais à qui elle ne servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi, nous avons maintenant à laisser agir cette même Parole qui donne la promesse et qui discerne et juge toute activité de la chair, parce que la chair est toujours contre la promesse. Dieu met par elle toutes choses à nu, mais c’est pour soutenir la foi, en faire vivre le nouvel homme, et mettre à mort la chair, non point l’améliorer.

Dieu, enfin, était bien au milieu du peuple, dans le tabernacle, mais il n’existait pas d’accès frayé vers Lui, alors que maintenant l’accès est ouvert, les relations établies, de sorte que nous nous approchons avec confiance du trône de la grâce. La miséricorde y attend le croyant, et la grâce pour qu’il ait du secours au moment opportun. Nos infirmités sont avec nous, et notre indignité qui a besoin de la miséricorde ; mais ce ne sont pas les infirmités qui font tomber dans le désert, c’est l’incrédulité.

Une promesse a été laissée d’entrer dans le repos de Dieu. Peut-il en être de plus grande ?  

Abbé Gervais Mariano AKAKPO

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