Gn 22, 1-19, Psaume 114 (115), Mt 9, 1-8

La péricope évangélique que la liturgie nous propose aujourd’hui parle de Jésus qui se rend dans sa ville de capharnaüm. On lui présente un paralysé qu’il guérit non seulement physiquement mais aussi spirituellement en lui pardonnant les péchés. Un acte de Jésus que des scribes saisissent pour créer et entretenir une polémique. Que ce soit entre Jésus et le paralysé ou entre Jésus et les scribes, il se joue la situation de notre monde qui a besoin non seulement d’être guéri mais aussi d’être pardonné et racheté.

  • Entre Jésus et le paralysé

On présente à Jésus un homme, malade, paralysé pour qu’il le guérisse. La première chose que Jésus fait n’est pas de guérir la personne mais de lui dire « tes péchés sont pardonnés ». C’est seulement après qu’il le guérit. Les plus grands maux dont nous souffrons sont ceux de notre âme, de notre esprit. Le plus grand mal de l’homme est d’ordre spirituel, et, l’urgence de nos demandes est de chercher à rétablir le lien d’amour que le péché a dégradé entre Dieu et nous. Voilà pourquoi il est bien de commencer nos célébrations et nos prières par la demande de pardon. Nous avons besoin d’être en état de grâce pour obtenir la grâce. L’état de grâce favorise et attire la grâce divine. Le Seigneur lui-même nous dit de rechercher d’abord le royaume des cieux et le reste nous sera donné de surcroit. Que sert-il à l’homme d’être guéri physiquement mais de rester spirituellement malade, que sert-il à ce paralysé d’être guéri dans son corps et que son âme reste malade? Quel avantage avons-nous à être rétablis dans nos droits mondains et que notre vie d’avenir reste hypothéquer? Entre Jésus et le paralysé se joue aussi la relation difficile que vit l’humanité avec Dieu son créateur. L’humanité est malade et paralysé par le péché et elle a besoin de la miséricorde de Dieu.

  • Entre Jésus et les scribes

La réaction des scribes qui traitent Jésus de blasphémateur est révélatrice de cette tendance de  l’homme à s’autosuffire, à vouloir critiquer tout sans discernement. Les scribes dans ce contexte peuvent être comparés à notre monde en perte de référence, de repère, incapable de lire les signes des temps. Ces messieurs sont incapables de se détacher un peu de leur enseignement pour voir la réalité. Au-delà du simple fait de dire à l’homme paralysé qu’il est pardonné c’est aussi un message porteur de sens que Jésus lance aux scribes, ils ne sont pas en présence d’un simple humain mais du Fils Dieu ou mieux en présence de Dieu lui-même, puisque seul Dieu peut pardonner les péchés. Et si Jésus pardonne au pécheur c’est qu’il révèle son identité Divine. Il n’a pas dit, « que Dieu pardonne tes péchés » mais plutôt « tes péchés sont pardonnés ». Il est lui-même celui qui a autorité et pouvoir de pardonner. Allons puiser nous aussi à la source de la miséricorde.

Abbé Gilbert SIKA, Paroisse notre Dame de Lourdes de Bè Adidomé

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