Gn 28, 10-22 / Ps 90 / Mt 9, 18-26

Le coucher du soleil surprend le voyageur ; l’horizon de la femme hémorroïsse est sombre ; pour le notable et sa fille, c’est le noir, il n’y a plus de discours qui tienne. Les ténèbres s’épaississent, la vie s’étiole peu à peu, l’espoir se meurt. Ainsi se dresse le tableau de l’humanité dans la nuit.

Mais, au cœur de la nuit, Dieu rejoint le pèlerin et lui révèle le véritable voyage qui conduit vers le ciel. Au cœur de sa tourmente, la femme mourante se voit non seulement offrir la guérison, mais surtout le salut : « Ta foi t’a sauvée ». Du sommeil de la mort, la jeune fille se voit non seulement ramenée, mais encore offrir un autre sens démystificateur de la mort : « La jeune fille n’est pas morte : elle dort ».

Plus qu’un lieu – Béthel – le Christ est l’expression parfaite de la proximité familière de Dieu aux côtés de ceux qui ne lâchent pas prise, malgré l’évidence qui leur dicte d’abandonner : « Ma fille est morte, mais… », « Si seulement je parviens à toucher son vêtement… ». Le Seigneur ne se fait pas prier, il touche et se laisse toucher. Le toucher et le regard de Jésus qui libèrent…

Laisse-toi regarder, laisse-toi toucher, et, à ton tour, touche-le. D’une certaine manière, la covid 19, dans la foulée des adaptations liturgiques qui s’imposent, nous a obligés à recevoir le Seigneur dans nos mains à la communion : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». Profitons-en pour le toucher avec des mains dont le contact lui est doux et agréable. Touchons-le de ce toucher qui le fait se retourner vers nous.

P. Charles FOMA, Sévagan (Diocèse d’Aného)

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