Gn 32, 23-32 / Ps 16 / Mt 9, 32-38

L’homme ici-bas est aux prises aussi bien avec les forces contraires qu’avec celles adjuvantes. C’est ce que nous révèle la méditation des textes proposés pour notre méditation. D’une part un homme sauvé des mains d’un esprit mauvais par le Christ, d’autre part Jacob qui livre un duel sans merci avec un être divin toute la nuit.

Le premier combat spirituel est bien connu, mais le second, celui de Jacob contre Dieu risque de porter à confusion. La tradition chrétienne y reconnaît l’image du combat spirituel du croyant affronté au mystère de son Dieu qu’il est appelé à connaître. Dieu qui se laisse vaincre, qui se dévoile peu à peu à sa créature pour peu qu’elle le cherche ardemment.

De cette lutte, on n’en sort pas le même. Jacob s’en sort avec un nouveau nom ainsi qu’une blessure, un déboitement de ses assises, de ses convictions intimes. Le muet est affranchi de la prison du mutisme imposé par l’Ennemi. L’un blessé, l’autre guéri. Que choisiras-tu ? Blessure ou guérison ? Le choix est clair, me répondra-t-on certainement. Mais laisse-moi te suggérer de désirer être blessé, blessé de cette blessure qui ne se cicatrise jamais et qui creuse en toi la soif inassouvissable de l’étreinte divine.

Qu’il nous bénisse dans la nuit de cette vie avant de nous faire voir l’aurore du jour qui ne finit pas, afin qu’en traversant les villes et villages de notre vie, nous puissions, imperturbables face aux accusations de mauvaise foi, proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume de l’autre rive…

P. Charles FOMA, Sévagan (Diocèse d’Aného)

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