Gn 41, 55-57; 42, 5-7a. 17-24a / Ps 32 / Mt 10, 1-7

En parcourant la liste de ceux qui sont appelés en vue de la mission – les Apôtres – un petit sourire se dessine au coin de mes lèvres : vraiment ce Dieu prend des risques, et pas des moindres ! C’est toute la destinée de l’humanité qui se joue comme cela avec un groupe hétéroclite d’illettrés, de pécheurs publics, de fanatiques, de malhonnêtes et de traitres.

Quel employeur sérieux prendrait un tel risque en acceptant d’embaucher ou d’envoyer en mission un candidat soupçonné d’avoir ne serait-ce qu’un seul de ces défauts ? Aucun, assurément. Mais Dieu est prêt à miser sur un tel candidat. On serait tenté de penser que les Apôtres sont appelés parce qu’incapables, appelés à cause de leurs velléités. Pour ainsi dire qu’à travers ses instruments conjoints indignes, c’est le Christ lui-même qui agit, met au pas l’oppresseur et guérit nos blessures surtout intérieures.

Le choix de Dieu nous étonne, mais en même temps nous pousse à rentrer en nous-mêmes pour aller puiser le meilleur de nous-mêmes pour l’offrir au monde suivant les recommandations du Maître. A saint Paul de dire que « Ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est » (1Co 1, 27-28). Joseph le faible, le rêveur, l’homme aux songes, vendu et réduit en esclavage sur une terre étrangère… le voilà devenu l’homme fort du monde habité d’alors.

Au fond de moi, je sais, Seigneur, que tu me fais confiance malgré mes défauts, malgré mon inconstance et mes incohérences, malgré tout. Donne-moi de ne pas te décevoir…

P. Charles FOMA, Sévagan (Diocèse d’Aného)

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